18 février 2016
Aide médicale à mourir : à la défense des « vieux »
Par: Le Courrier
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Monsieur ou Madame,

Je fais partie de la ­catégorie des personnes âgées qui sont des ­personnes où l’on trouve le plus de cas de maladies au Canada. En considérant tous les ­documents pertinents à cette catégorie d’âge, c’est en majorité vers ces ­personnes que s’appliquent les soins ­palliatifs complété par la sédation ­palliative. Beaucoup de personnes confondent la sédation palliative avec l’euthanasie. La sédation palliative est une pratique médicale qui s’inscrit dans la suite des soins palliatifs. Pour bien comprendre la différence entre la sédation palliative et l’euthanasie, j’utilise les précisions qu’en fait le Dr Patrick Vinay, médecin en soins palliatifs depuis 10 ans et chef de l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital Notre-Dame (CHUM). J. Beauséjour

« On utilise la sédation palliative seulement s’il existe des symptômes ­réfractaires graves qu’on ne peut pas ­soulager autrement… Regardez le ­document de la Société Québécoise des Médecins de soins palliatifs sur le site Palli-Science (palli-science.com). Vous trouverez deux documents qui expliquent parfaitement la sédation palliative et pourquoi elle ne tue pas les malades non plus, mais permet de ramener le confort dans des conditions particulièrement ­difficiles. Ce n’est pas de l’euthanasie et le malade mourra de sa maladie durant son sommeil… »

Voici l’éclairage que le document Association canadienne des soins palliatifs nous donne concernant les ­personnes âgées : « • Les personnes âgées constituent le groupe dont la croissance est la plus rapide. On croit que la proportion de personnes âgées se situerait entre 23 % et 25 % de la population totale en 2036, soit près du double des 13,9 % observés en 2009 • Le Canada comptait, en 2009, 4,7 millions de personnes âgées de 65 ans ou plus, soit un nombre deux fois plus élevé que celui observé en 1981. ­Selon tous les scénarios de projection, la croissance de ce groupe s’accélérerait dans les prochaines années. • Chaque année, plus de 252 000 Canadiens meurent. Les projections montrent ­également que le Canada compterait beaucoup plus de personnes très âgées. En 2009, on comptait à peu près 1,3 million de personnes âgées de 80 ans et plus et ce nombre pourrait passer à 3,3 millions en 2036. »

Un sondage fait en 2014 « montre que lors de leur dernière visite à un service d’urgence, un quart des Canadiens ont attendu plus de quatre heures, ce qui place le Canada bon dernier et loin ­derrière les Pays-Bas (seulement 1% ont attendu plus de 4 heures), la Suisse (2 %) ou encore la France (12 %) ».

À 77 ans, je fais maintenant partie de ce groupe des personnes âgées qui ne souhaite pas qu’un gouvernement au Canada cherche des solutions pour libérer des lits à l’hôpital et dans les centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en favorisant de se débarrasser des « vieux » par l’aide médicale pour euthanasier (tuer). Nous, les « vieux », nous devenons plus vulnérables avec l’âge et la maladie qui nous affecte.

Depuis le 14 janvier, (Jour du premier cas d’AMM exercé à Québec au CIUSSS), pouvez-vous me dire combien de ­personnes ont été euthanasiées* soit dans l’hôpital près de chez vous, soit dans un CHLSD ou à la maison? ­Impossible car, pour le Guide d’exercice tout se fait en secret. Il est dit à la page 49, 7.2 Constat de décès et bulletin de décès : « Le médecin doit y inscrire comme cause immédiate de décès la ­maladie ou l’affection morbide ayant ­justifié l’AMM et provoqué la mort. Il ne s’agit pas du mode de décès (arrêt ­cardiaque), mais de la maladie, du ­traumatisme ou de la complication qui a entraîné la mort. Le terme d’aide médicale à mourir ne devrait pas figurer dans ce bulletin ».

Je préfère une pratique humaniste comme le service des soins palliatifs ­complété par la sédation palliative.

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