17 janvier 2019
Anatole : briser les codes du spectacle
Par: Maxime Prévost Durand

Anatole viendra présenter son second album, Testament, au Zaricot samedi soir. Photo Léo Hamel

On l’a vu en première partie d’Hubert Lenoir cet automne au Zaricot et il y revient le 19 janvier, cette fois avec son propre spectacle. On parle ici d’Anatole, le projet musical (et scénique) d’Alexandre Martel. Avec ce personnage, des limites, il n’y en a pas. Et sur scène, tous les codes du « spectacle rock traditionnel » n’existent pas.

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Son look excentrique a de quoi capter l’attention, avec son visage couvert de fard blanc, avec des paillettes pour briller. En plus de ne laisser personne indifférent sur scène, au même titre que peut le faire son bon ami Hubert, il n’hésite pas à descendre dans la foule pour créer un contact direct avec le spectateur. Ce qui peut parfois donner lieu à des situations cocasses.

« L’intention derrière ça, c’est de démonter les codes qu’on se fait du spectacle rock, souligne Martel, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. Le fait d’établir un contact un à un avec certains spectateurs, ça vient briser le quatrième mur et ça change la façon dont les gens reçoivent le spectacle. »

Pour l’occasion, il présentera presque en intégralité son deuxième album, Testament, puis quelques chansons du premier (L.A. Tu es des nôtres) en version revampée. Le passage entre les deux avait été marqué d’une évolution sonore, s’approchant plus de la pop-rétro, avec des synthétiseurs vaporeux, que du rock progressif et électro qui l’avait dévoilé en 2016.

« J’ai fait ce changement pour me déjouer moi-même, dit-il. J’ai une hantise de la redite et des artistes qui font toujours le même album. Pour arriver à un autre résultat, je me devais de changer mes méthodes de travail. Pour le dernier album, j’ai seulement travaillé avec la voix au début, sans toucher aux instruments pendant plusieurs mois. Ce dont je me souvenais ensuite, c’est ce que je gardais et c’est ce qui était le plus accrocheur, d’où le côté plus pop. »

En se mettant dans la peau d’Anatole, les barrières tombent pour Alexandre Martel. Lorsqu’on lui demande ce que le personnage lui permet de faire et que lui n’aurait pas l’audace de faire, il répond sans détour : « tout ».

« Pour moi, c’est une licence absolue. Je veux que le personnage reste sans profondeur. Ça me permet de n’être fidèle à rien, c’est un masque qui permet de tout faire. »

Une chose est sûre, il faut s’attendre à tout un spectacle d’Anatole. « Venez donc avoir peur un peu », lance-t-il en guise d’invitation pour son passage au Zaricot le 19 janvier.

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