8 novembre 2012
Aréna : l’implication du privé soulève des questions
Par: Le Courrier

Le désir soudain de la Ville de Saint-Hyacinthe de confier à une entreprise privée le soin de construire, puis de gérer un complexe sportif abritant trois nouvelles glaces ne laisse pas indifférents tous les utilisateurs des arénas maskoutains.

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L’un d’eux s’est présenté devant le conseil municipal lundi soir pour exprimer publiquement son inquiétude au sujet de ce nouveau dossier. Et il a soulevé passablement de questions auxquelles le maire, Claude Bernier, n’a pas apporté toutes les réponses.

« Est-ce que c’est seulement une décision économique (…)? Qui sera le perdant, et à quel prix? Qui sera le gagnant? », a lancé Jean-François Daoust, un résidant du district Douville qui aurait souhaité que la population soit consultée sur un tel projet. Il s’est présenté comme étant un client qui loue des patinoires depuis plus de 12 ans dans toute la région et qui s’y connaît donc en matière d’arénas, publics et privés.« Comme utilisateurs de glace, avec le privé, on est toujours perdants. Je le vois à Saint-Hilaire et à Brossard », a soutenu M. Daoust, en parlant des coûts de location qui augmentent sans cesse, comme de la mauvaise qualité de la glace dans les installations privées.Lui qui a une fille inscrite en patinage artistique et un garçon au hockey mineur est persuadé qu’il ne tirera rien de bon d’une éventuelle entente entre la Ville de Saint-Hyacinthe et la compagnie Syscomax, le promoteur qui propose à la Ville la construction d’un aréna de trois glaces au coût approximatif de 15 millions $.« Nous n’aurions qu’un certain nombre d’heures d’utilisation à acheter », a fait valoir le maire Bernier en début de séance, précisant qu’une décision dans ce dossier serait prise avant la fin de l’année 2012.Il a rappelé qu’en plus d’entretenir le stade L.-P.-Gaucher, qui date de 1937, la Ville devait composer avec deux autres arénas vieillissants, le Pavillon de la Jeunesse, maintenant âgé de 50 ans – il serait démoli pour faire place au projet Syscomax – et le stade Charles-Auguste-Gauvin, érigé il y a 36 ans. « Il y aurait une couple de millions à mettre à ces deux endroits, plus 7 millions $ dans un nouvel aréna », a signalé M. Bernier.Il a ensuite ajouté les 3,5 millions $ que la Ville devrait investir pour reloger quelque part le club de gymnastique, et une autre enveloppe de 3,5 millions $ pour réunir sous le même toit les clubs de boxe, d’haltérophilie et de judo. Sur le plan socioculturel enfin, il a ajouté les 6 millions $ qu’il faudrait encore investir à la Métairie pour y réaliser un autre regroupement d’organismes. « Si je compte bien, on doit être rendu à 22 millions $, et on entend aussi parler d’un projet de voie ferrée (la traverse du boul. Casavant), et ça va prendre des sous pour ça aussi. »Toujours selon ses calculs, le maire Bernier estime que la Ville, en optant pour le projet des trois glaces avec le secteur privé, économiserait du coup 12 millions $ sur l’ensemble des actions à poser dans les champs culturels et sportifs. Au lieu de conserver la glace du stade Gauvin, l’édifice serait transformé pour les besoins des clubs de gymnastique, de boxe, d’haltérophilie et de judo. « On pourrait s’en sortir pour une dizaine de millions $. Et on paierait comment? Ce serait payé par un emprunt à court terme », a-t-il précisé.Mais toutes ces explications n’ont pas convaincu Jean-François Daoust, qui a profité de la période des questions pour le relancer sur la pertinence d’un pacte avec l’entreprise privée dans le dossier des glaces.

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