27 novembre 2014
Attachez vos tuques
Par: Christian Vanasse
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Il ne passe pas une semaine sans qu’une mauvaise nouvelle ne touche le monde rural. Quand ce n’est pas Radio-Canada qui ferme une antenne, c’est un journal qui abandonne son bureau régional, un autobus qui cesse le service, un train qui ne passe plus, une ambulance qui ne se rend plus au CLSC.

Oh, vous me faites penser, vous aviez ça un CLSC dans votre village? Chanceux que vous êtes. Il sera bientôt déménagé en ville. Pareil pour les commissions scolaires. Comprimons. Sabrons. Coupons.

Et tiens, abolissons le financement de Solidarité rurale, la Conférence régionale des élus (CRE), les Centres locaux de développement (CLD), les Centres jeunesse-emploi (CJE), par ici les acronymes, par-dessus bord les structures qu’on aura mis des années à construire. On ne cherche même pas à améliorer. On scrappe.

En ville, où l’on va recentrer les services dans une économie diversifiée et avec des réseaux d’affaires multiples et bien établis, le mal sera moindre. Mais au village… vous pouvez attacher vos tuques avec de la broche, parce que ce n’est pas fini et on pourrait bien assister à un retour de l’exode rural.

Si certains applaudissent à ce vent d’austérité qui n’épargnera aucune région sauf celle des paradis fiscaux, à cette minceur imposée par des médecins qui s’improvisent comptables et des banquiers qui jouent au boucher, je ne me réjouis pas de la perte sèche d’emplois de qualité. Particulièrement en région.

Je n’applaudis pas à la perte nette d’expertise professionnelle. Je ne saute pas de joie à l’idée que des cerveaux et des mains dont on aurait besoin iront plutôt chercher du travail à Montréal ou dans les grands centres.

Je ne savoure pas la perspective d’un avenir si sombre que vivre en région devienne un acte de résistance.

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