22 octobre 2015
Au yable nos valeurs
Par: Martin Bourassa
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La religion ne signifie plus grand-chose ­aujourd’hui, les gens ne ­respectent plus rien. C’est triste, mais c’est comme ça. »

En une seule phrase lancée avec dépit et résignation dans mon ­bureau au ­COURRIER, le père dominicain Roger ­Lussier, venu m’annoncer le vol odieux de la cloche du bicentenaire de l’église et de la paroisse Notre-Dame du ­Rosaire, a parfaitement résumé l’époque actuelle.

« Oui , les valeurs s’en vont chez le diable », ai-je répliqué. Et cela ne date pas de la ­semaine dernière. Rappelez-vous le vol oh! combien répugnant de deux urnes ­funéraires en janvier 2013 au Cimetière de la Cathédrale.

Le vol de l’aïeule des cloches maskoutaines est le plus récent signe que des gens ont décidément perdu tout sens des valeurs, chrétiennes ou pas.

Le père Lussier n’aurait jamais cru que l’homme tomberait si bas, en s’attaquant à une cloche dont la valeur patrimoniale, symbolique et historique dépasse de très loin sa valeur marchande une fois refondue. Il parlait même de profanation, en ­rappelant que cette cloche avait été baptisée et maintes fois bénite. La perte de cette ­irremplaçable cloche est une offense et une atteinte au coeur même de notre église. Honte aux voleurs sans scrupules. Ce sont peut-être les mêmes qui avaient subtilisé la plaque commémorative de la porte des ­Anciens maires au cours de l’été. Il faut quand même avoir du front tout le tour de la tête pour voler des objets dans des lieux pourtant passablement fréquentés. Et il faut être tout aussi foncièrement mauvais pour se faire complice de ces méfaits ­publics en aidant à refondre pareilles ­reliques.

Il va sans dire que le père Lussier avait peu ou pas d’espoir de revoir sa précieuse cloche. D’autant plus qu’il lui aura fallu ­insister trois fois plutôt qu’une pour amener les policiers de la Sûreté du Québec à ouvrir un dossier. Ceux-ci ne se sont même pas donné la peine de se rendre illico à l’église pour constater le méfait.

C’est le père Lussier qui a dû se rendre à deux ou trois reprises au poste.

C’est dire toute l’importance que nos ­policiers accordent à cette affaire.

C’est triste, mais c’est comme ça pour ­reprendre les paroles du père Lussier.

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