2 juillet 2015
Le sort de la E.T. Corset
Aux citoyens de décider
Par: Benoit Lapierre
Aux citoyens de décider

Aux citoyens de décider

Lundi, la conseillère Brigitte Sansoucy s’est opposée à l’adoption du projet de résolution, après sa lecture par son collègue Donald Côté. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Lundi, la conseillère Brigitte Sansoucy s’est opposée à l’adoption du projet de résolution, après sa lecture par son collègue Donald Côté. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le sort de l’ancienne manufacture E.T. Corset vient de tomber entre les mains des citoyens qui habitent tout autour de ce bâtiment patrimonial datant de 1892.

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Réunis en séance extraordinaire lundi après-midi, les élus municipaux ont finalement accepté, mais sur division, d’autoriser l’émission du permis de démolition qui a été demandé à la fin de l’hiver par Stéphane Arès, l’un des nouveaux propriétaires de la E.T. Corset et de l’immeuble voisin, l’emplacement qu’occupait l’ancienne usine Goodyear.

Toutefois, le conseil municipal a posé une condition qui confère aux résidents des zones contiguës à ce site le pouvoir de trancher dans le dossier. L’autorisation de raser la E.T. Corset, le plus ancien vestige du passé industriel de Saint-Hyacinthe, ne sera donnée que si les propriétaires des lieux obtiennent les modifications réglementaires qu’ils ont demandées pour la réalisation d’un projet résidentiel haute densité sur ce site.

En l’absence du conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet, actuellement en vacances, c’est son collègue Donald Côté qui a fait lecture du projet de résolution. Sa collègue Brigitte Sansoucy s’est levée ensuite pour annoncer qu’elle allait voter contre.

« Je constate que la résolution n’envoie pas un message assez clair au sujet des immeubles qui datent et à ceux qui veulent les acquérir. C’est notre rôle comme Ville d’envoyer un message aux propriétaires de façon à ce que ces immeubles soient préservés », a-t-elle déclaré.

Dans ce cas-ci, les copropriétaires du site, Stéphane Arès et la firme Bertrand Mathieu, prévoient céder l’emplacement à la firme Bellus développement immobilier, de Brossard, lorsque plus rien n’empêchera la réalisation du projet qui est sur la table. Ce projet a été exposé mardi soir aux citoyens du secteur concerné, au Centre aquatique Desjardins. Rappelons que le maire Claude Corbeil a récemment confirmé que le président du Groupe Bellus, Gilles Lépine, était son oncle par alliance. Tous deux étaient présents lorsque le projet Bellus, préparé selon un concept de la firme ABCP, mandataire de la Ville dans le dossier, a été présenté à la municipalité le 14 janvier 2015. Le directeur général, Louis Bilodeau, le directeur du service de l’Urbanisme, Yvan Gatien et Stéphane Arès avaient aussi pris part à la rencontre. Mais ce n’est que le 1er juin, après avoir été questionné à ce sujet par LE COURRIER, que le maire Corbeil a informé le conseil de la présence de son oncle Lépine dans le dossier E.T. Corset.

Lundi, la directrice générale adjointe, Chantal Frigon, a révélé que le recours en appel pour retarder la démolition avait été logé le 7 avril par Anne-Marie Desbiens, au nom de pétitionnaires qui s’opposaient à la décision rendue par le comité de démolition après l’audition de la requête de M. Arès, le 9 mars.

Le conseil municipal avait entendu l’appel le 27 avril et, dans l’attente de sa décision au sujet de la E.T. Corset, le processus de modification des règlements d’urbanisme pour le projet Bellus avait été suspendu.

Il sera maintenant réenclenché, et si le voisinage ne s’oppose pas à ces changements, les promoteurs pourront procéder à la démolition de la E.T. Corset. Ils devront toutefois respecter d’autres conditions, suivant des recommandations qui ont été formulées par les experts en patrimoine de la firme d’architectes Beaupré Michaud.

Ainsi, une réplique de la tour vitrée de la E.T. Corset devra orner le bâtiment de remplacement, et la partie mansardée de la tourelle devra être reproduite avec ses ardoises d’origine. Beaupré Michaud avait été mandatée par la Ville le 26 mai pour évaluer « la faisabilité et l’intérêt de conserver la tour sous une forme ou sous une autre ». Au point de presse qui a suivi la brève séance de lundi, Chantal Frigon a indiqué que les architectes n’avaient pas reçu instruction d’évaluer la faisabilité d’une conservation intégrale de l’édifice.

Stéphane Arès est d’avis, quant à lui, que l’autorisation donnée par la Ville de démolir sous conditions confirme la justesse de l’opinion émise par son ingénieur, Grégoire Tremblay, lequel considère que la E.T. Corset n’est pas récupérable.

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