26 mars 2015
Les mercredis sans maquillage
Beautés naturelles à l’école Casavant
Par: Jennifer Blanchette
L’enseignante en éthique, Annie Roy (en bleu), lance les mercredis sans maquillage à l’école ­Casavant. Elle est entourée de Richard Gingras, éducateur spécialisé, des élèves entraidantes Audrey-Anne Gervais, Claudie Rioux, Laurie Girard, Camille Pelletier et de Claudia Vinet, ­stagiaire en éducation spécialisée.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’enseignante en éthique, Annie Roy (en bleu), lance les mercredis sans maquillage à l’école ­Casavant. Elle est entourée de Richard Gingras, éducateur spécialisé, des élèves entraidantes Audrey-Anne Gervais, Claudie Rioux, Laurie Girard, Camille Pelletier et de Claudia Vinet, ­stagiaire en éducation spécialisée. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avec l’hiver qui s’éternise, les blushs, ­mascaras, fonds de teint et autres flacons contenus dans les trousses de maquillage deviennent des ­indispensables pour se donner bonne mine. Absolument pas, dit ­l’enseignante Annie Roy, qui lance les ­mercredis sans maquillage à l’école ­secondaire ­Casavant dès la semaine prochaine.

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Durant neuf semaines, à raison d’un ­mercredi par semaine, les élèves seront ­invitées à laisser les cosmétiques de côté pour se présenter en classe au naturel. ­L’activité culminera le 5 juin lors de la ­Journée sans maquillage, une initiative ­nationale lancée en 2010 par Canal Vie et le magazine Elle Québec.

L’enseignante en éthique, Annie Roy, n’engage pas une vendetta contre le fard et l’ombre à paupières. « Je n’ai rien contre le maquillage, mais il faut que les élèves ­comprennent qu’elles ont le choix de se ­maquiller ou non, ce qui n’est pas toujours le cas à l’heure actuelle. Ça m’attriste de constater que des ados n’arrivent pas à sortir de chez elle sans être maquillées », explique-t-elle.

Annie Roy espère évidemment qu’au terme des neuf semaines, 100 % des filles de l’école, incluant le personnel, participent aux mercredis sans maquillage, mais c’est « utopique », reconnait-elle. « Certaines filles vont y aller de façon progressive, en se ­motivant pour la dernière journée sans ­maquillage. C’est pour ça que l’activité dure deux mois, pour que les élèves s’apprivoisent au naturel. »

En 2012, à la Polyvalente Robert-Ouimet, l’enseignante, qui avait organisé une activité similaire, avait rallié près de 85 % des élèves au terme du défi.

Mme Roy croit d’ailleurs que ses élèves sont prêts à se lancer dans l’aventure. En classe, ils ont discuté d’estime personnelle, des coûts reliés au maquillage, débattu, échangé et visionné le documentaire Beauté fatale de Léa Clermont-Dion. « Le documentaire a beaucoup fait réagir les élèves. Les gars trouvaient que les filles étaient très ­superficielles et les filles ne comprenaient pas qu’une belle fille comme Léa puisse se trouver laide. »

Histoire de mettre la table au défi, Annie Roy a fait remarquer à ses étudiantes qu’elles étaient modifiées par le maquillage, mais ne devenaient pas plus belles pour autant.

Le point de vue des filles

Pour Audrey-Anne, Claudie, Laurie et ­Camille, participer à une journée sans ­maquillage n’aura rien de nouveau puisqu’elles prennent déjà part à l’événement national.

« Ça devrait être normal qu’on se trouve belle au naturel. Les filles doivent en prendre conscience », affirme Laurie.

Sans gêne, les quatre élèves « entraidantes » avouent se maquiller tous les jours ou presque, ce qui ne les empêche pas de laisser leur trousse de côté par moment.

En ce sens, elles agiront à titre de ­mentores auprès de leurs consoeurs en tenant un kiosque d’encouragement chaque mercredi. « J’ai misé sur des élèves de 4e et 5e secondaire pour qu’elles puissent influencer les plus jeunes », glisse au passage Annie Roy.

« Je me suis rendu compte qu’on se ­maquillait beaucoup pour les autres. Il faut ­arriver à le faire pour nous », souligne Audrey-Anne. Sa collègue Claudie renchérit : « Si tu veux te maquiller, tu le fais. Sinon, tu ne le fais pas. On doit augmenter notre estime de soi. »

Le défi est lancé et chaque mercredi, l’enseignante Annie Roy aura en sa possession un flacon de lotion démaquillante, au cas où certaines filles décideraient d’emboîter le pas à leurs amies en cours de journée.

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