10 septembre 2015
Site Goodyear
Bellus au dossier dès l’été 2014
Par: Benoît Lapierre
Le président de Bellus Développement s’est inscrit au registre des lobbyistes l’an dernier pour pouvoir négocier avec la Ville de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le président de Bellus Développement s’est inscrit au registre des lobbyistes l’an dernier pour pouvoir négocier avec la Ville de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La firme Bellus Développement, représentée par Gilles Lépine, oncle par alliance du maire Claude Corbeil, est liée au dossier du site Goodyear – E.-T. Corset depuis plus longtemps qu’on aurait pu le penser à partir des premières indications données par la Ville à ce sujet.

Lorsqu’a eu lieu, le 15 janvier 2015, la ­rencontre qui a été décrite comme le ­moment où le président de Bellus a ­présenté son projet immobilier au maire Corbeil et à d’autres représentants de la Ville, cela faisait pratiquement cinq mois que Gilles Lépine était entré en contact avec la municipalité concernant le site Goodyear, propriété de Stéphane Arès et Fernand Mathieu.

M. Lépine s’était inscrit au registre des lobbyistes du gouvernement du ­Québec le 28 octobre 2014 pour être en mesure de discuter avec la Ville ­conformément aux règles prévues à la Loi sur la transparence et l’éthique en ­matière de lobbyisme. Son inscription couvrait la période du 28 août 2014 au 30 ­décembre 2015.

Il désirait obtenir une modification de zonage au moyen de rencontres, de ­communications écrites et d’appels ­téléphoniques auprès de professionnels de la Ville et du maire. « Nous demandons un zonage résidentiel multi-logements en vertu des règlements municipaux de la Ville de Saint-Hyacinthe dans le but de construire des condos sur le boulevard Laframboise, sur le site de l’ancienne compagnie Goodyear », mentionne la fiche d’inscription au registre des ­lobbyistes.

Interrogé par LE COURRIER à propos de son rôle de lobbyiste, M. Lépine a ­laissé entendre qu’il avait eu ses premiers échanges avec la Ville environ deux mois avant son inscription comme lobbyiste pour un mandat à Saint-Hyacinthe. « Une fois nos démarches commencées auprès de la Ville, nous avions 60 jours pour nous inscrire au registre », a-t-il précisé, lorsque joint au téléphone après la tenue du registre sur les modifications réglementaires nécessaires à son projet.

Le journal lui a d’abord demandé s’il ­allait formuler une recommandation à la Ville, étant donné le résultat négatif du registre du 2 septembre. « Je ne suis pas dans le portrait, ce n’est pas moi qui ­discute avec la Ville, ce sont les propriétaires du terrain. J’imagine qu’ils doivent se débattre avec ça », a-t-il répondu.

Joint à son tour, Stéphane Arès a ­indiqué que, de fait, il avait eu une ­rencontre avec les représentants de la Ville au lendemain du registre. « On m’a informé qu’il y a eu 29 signataires. ­Maintenant, c’est le conseil qui va décider s’il y aura un référendum ou pas. C’est bien triste ce qui arrive, c’est un projet porteur pour la Ville; il y a des gens qui ont signé sans avoir de bonnes raisons de le faire », a-t-il commenté.

En tant que propriétaire des terrains visés par les changements au zonage, M. Arès estime qu’il n’avait pas l’obligation de s’inscrire au registre des ­lobbyistes pour discuter avec la Ville, comme l’a fait Gilles Lépine. « Je ne savais pas qu’il s’était inscrit. Vous me l’apprenez », a-t-il soutenu.

Il a mentionné que c’est au cours du printemps 2014, après la démolition de la dernière portion de l’ancienne usine ­Goodyear, que Bellus lui a manifesté son intérêt pour l’emplacement libéré, auquel s’est ajouté plus tard le site E.T. Corset.

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