6 décembre 2018
Bouchée par bouchée, la zone agricole a perdu 22 800 hectares depuis 40 ans
Par: Le Courrier

L’outil de production principal des producteurs agricoles, c’est la terre, et la pression est grande pour en faire d’autres usages. À coup de perte de 23 ha par ici et de 38 ha par-là, ce sont 22 800 ha qui ont été soustraits de la zone agricole en Montérégie depuis 40 ans. Les pressions pour dézoner le territoire agricole sont toujours présentes, et ce, malgré le fait qu’il y ait des superficies disponibles pour des usages non agricoles qui ne sont toujours pas utilisées.

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En 1978, la naissance de la Loi sur la protection du territoire agricole mettait une limite au développement sauvage en délimitant des zones agricoles et des zones blanches (résidentielles, industrielles…). Il y a 40 ans, c’est pour protéger notre garde-manger que le ministre de l’Agriculture Jean Garon a souhaité un aménagement raisonné de notre territoire. La protection de notre alimentation est toujours aussi d’actualité, car de plus en plus de consommateurs s’intéressent à la provenance et à la qualité des produits qu’ils trouvent dans leur assiette.

La zone agricole, c’est plus qu’un endroit où l’on pratique l’agriculture et la foresterie, c’est aussi un endroit pour la faune, la flore, les milieux humides, etc. Lorsque le béton est installé, c’est pratiquement impossible de revenir en arrière.

Il ne faut surtout pas oublier que l’agriculture dans la MRC des Maskoutains, c’est plus de 1 100 fermes et des revenus de 672 millions de $. L’agriculture est donc une économie bien présente et vivante. Mais bouchée par bouchée, l’agriculture recule. Jusqu’où la zone agricole devra-t-elle reculer avant d’y mettre un frein? Devrons-nous en arriver à n’avoir plus sur notre territoire que deux seules entreprises agricoles comme c’est le cas à Brossard?

Détruire le territoire agricole, cela veut également dire être contraint à s’approvisionner au-delà de nos frontières. Chez nos voisins du Sud, la législation agricole est beaucoup plus permissive lorsqu’il est question d’utilisation des pesticides, d’emploi d’hormones de croissance et de respect des travailleurs agricoles… Est-ce réellement ce que nous souhaitons?

Personne ne s’oppose aux nouveaux projets et tous saluent la création d’emplois, mais assurer la souveraineté alimentaire aux générations à venir est aussi une responsabilité sociale importante.

La Ville de Saint-Hyacinthe, en tant que technopole agroalimentaire du Québec, devrait opter pour une approche de développement durable en valorisant toute la chaîne alimentaire : du champ à l’assiette!

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