28 juin 2018
Québec 2018
Breton comme de raison
Par: Martin Bourassa

C’était un secret de polichinelle. Tout le monde savait depuis longtemps que Daniel Breton souhaitait être candidat du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Hyacinthe en prévision des élections d’octobre 2018. Il a fini par confirmer lui-même ses intentions en conférence de presse la semaine dernière, lui qui ne s’en était pourtant pas caché dans une entrevue qu’il nous avait accordée… en mars 2016!

Il lui reste cependant à obtenir la bénédiction des membres de son parti lors de l’assemblée d’investiture du mois d’août, ce qu’il devrait aisément réussir.

C’est que le seul obstacle qu’il avait devant lui était Sylvain Michon, un agriculteur et ancien conseiller municipal de La Présentation. Ce dernier s’est écarté quand il a su que tout l’exécutif de l’association locale s’était déjà rangé du côté de son adversaire.

Et après, on dira que le PQ encourage la démocratie en laissant les membres s’exprimer et décider lors des assemblées d’investiture. Ben oui toi.

Daniel Breton devrait donc être facilement couronné. Il ne sera pas trop déçu, car c’est justement ce qu’il souhaitait, à l’image de l’exécutif local.

Il aurait été un peu humiliant de forcer un ancien député et ministre de l’Environnement à se soumettre à une investiture contestée, alors qu’il habite le comté qu’il aspire à représenter. Mais soyons honnêtes, son pedigree ne fait pas de M. Breton une grosse pointure pour autant. Une bonne prise tout au plus. 

Disons que son passé, voire ses frasques passées, porte un peu ombrage à sa candidature, lui qui avait démissionné de son poste de ministre en novembre 2012, à peine deux mois après sa nomination. On se souvient encore trop bien qu’à ce moment, les médias avaient entre autres mis en relief ses dettes pour loyers impayés ainsi que de fausses déclarations à la Loi sur l’assurance-chômage. 

Comme un grand garçon responsable, Daniel Breton est revenu lui-même sur cette période moins heureuse de sa vie au moment d’annoncer son retour, en attribuant une large part de ses malheurs passés à des problèmes de santé. 

Des problèmes de santé, c’est justement l’une des raisons, avec la poursuite de défis professionnels stimulants, qui a incité la conjointe de M. Breton, l’ancienne députée bloquiste Ève-Mary Thaï Thi Lac, à passer son tour. Celle qui occupe la vice-présidence du conseil exécutif national du PQ résistera donc à la tentation de défendre les couleurs de son parti dans trois mois. Elle laisse donc le champ libre à son homme, même si plusieurs auraient vu d’un bon œil l’ex-politicienne en découdre avec l’actuelle députée caquiste du comté, et grande favorite locale, Chantal Soucy. Cela dit, ni M. Breton, Mme Thi Lac ou le PQ ne représentent le changement tant souhaité par une majorité d’électeurs, si l’on se fie aux récents sondages qui portent la CAQ et son chef François Legault aux portes du pouvoir. Dans ce contexte, on ne pourra pas accuser M. Breton de faire preuve d’opportunisme. C’est au moins ça.

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