1 avril 2021
Zones de réserve à Saint-Liboire
« Ça retarde notre développement immobilier »
Par: Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier

Le développement immobilier est actuellement interdit sur les hectares mis en réserve dans le périmètre urbain de Saint-Liboire. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La Municipalité de Saint-Liboire souhaite transformer ses six zones de réserve (ZR) résidentielles en zones d’aménagement prioritaires (ZP) afin que le développement immobilier y soit autorisé.

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Le conseil municipal de Saint-Liboire a adopté, le 2 mars, une résolution demandant au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) « de modifier l’orientation 10 en matière d’aménagement du territoire ». Les élus réclament que leurs six ZR soient transférées en ZP et que la densification imposée dans le Schéma d’aménagement révisé de la MRC des Maskoutains soit revue. Ils se disent d’ailleurs « totalement en désaccord avec l’orientation 10 ».

« Les ZR retardent notre développement immobilier. Ça tourne au ralenti en ce moment. Depuis mon entrée en poste, je vois bien que le développement immobilier est en dents de scie à Saint-Liboire. […] Disons que nous trouvons dommage de ne pas pouvoir profiter du marché immobilier enflammé et de ses retombées économiques », dénonce le maire de Saint-Liboire, Claude Vadnais.

En vertu de l’orientation 10 donnée par le MAMH aux MRC en matière d’aménagement du territoire, les municipalités ont dû identifier, en 2017, les ZP dans leur périmètre urbain. Les localités qui présentaient un trop grand nombre de ZP ont été contraintes de convertir certains hectares en ZR sur lesquelles le développement résidentiel est interdit. Cette mesure vise à limiter l’étalement urbain dans les MRC de la couronne périmétropolitaine.

Avant de pouvoir commencer le développement sur une ZR, la Municipalité doit démontrer qu’au moins 70 % des espaces disponibles dans les ZP ont été comblés. Or, pour le moment, le taux d’occupation des ZP de Saint-Liboire frôle les 45 %, indique le directeur à l’aménagement de la MRC des Maskoutains, Pascal Simard.

La Municipalité de Saint-Liboire presse néanmoins le MAMH de l’autoriser à « sortir les terrains des zones de réserve afin d’y permettre la construction » puisque « l’orientation 10 du gouvernement limite la Municipalité en la privant de revenus de la vente de terrains potentiels pour la construction ».

D’après le maire Vadnais, les terrains circonscrits dans l’une des ZP ainsi que dans certaines ZR appartiennent au même promoteur, ce qui freine l’intérêt d’autres promoteurs à acquérir des terrains en ZR. « Tant que les plans de développement de ce promoteur ne sont pas connus, personne ne veut acheter les ZR qui restent. Disons qu’avant qu’on ouvre des ZR pour d’autres entrepreneurs, on ne voit pas les années », se désole le premier magistrat de Saint-Liboire.

La Municipalité pointe également du doigt les seuils minimaux de densification imposés par le Schéma d’aménagement révisé de la MRC des Maskoutains. Ceux-ci sont fixés à 16 logements par hectare jusqu’en 2026 et grimperont à 18 logements à l’hectare de 2027 à 2031.

« À 16 logements par hectare, nous pensons que c’est le maximum. L’un de nos quartiers atteint 16.1, selon nos calculs, et les terrains y sont vraiment petits. Les ZR qui restent ne sont pas très grandes, alors si nous sommes obligés de les ouvrir avec une densification à 16 ou plus, on va nuire à la beauté et à la quiétude de ces développements résidentiels », soutient le maire.

« Nos citoyens qui ont choisi notre municipalité veulent avoir une grandeur de terrain qui leur permet de faire des activités à la maison, sur leur propriété », avance le conseil municipal par voie de résolution.

La ministre du MAMH, Andrée Laforest, a récemment annoncé sa volonté de revoir le plan d’aménagement du territoire québécois afin qu’il corresponde davantage aux réalités des différents milieux de la province. Les élus de Saint-Liboire ont donc profité de l’opportunité pour adopter la résolution et en faire parvenir une copie directement au bureau de la ministre Laforest.

« Nous n’avons pas encore eu de retour des instances pour le moment. Mais je sais que nous ne sommes pas la seule Municipalité de la MRC des Maskoutains à vivre cette problématique », a souligné le maire Vadnais.

C’est pourquoi les conseillers municipaux enjoignent les municipalités touchées par l’orientation 10 ainsi que la MRC des Maskoutains à les appuyer dans leur démarche.

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