23 mai 2013
CAG : une réplique de la CSN
Par: Le Courrier
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Monsieur Bourassa,

Je vous écris au sujet de votre éditorial du jeudi 15 mai intitulé « Retour sur le gâchis ». Je suis vice-présidente de la FNEEQ-CSN qui représente les 30 enseignants du Collège Antoine-Girouard, j’ai assisté de près à cette tentative de transfert de l’enseignement secondaire du secteur privé au public. Ce rendez-vous historique dans le monde de l’éducation au Québec comportait d’énormes défis et un grand nombres d’acteurs (direction du Collège, Séminaire, Oeuvre Antoine-Girouard, syndicats, commission scolaire) auxquels vous décernez des louanges ou des blâmes dans votre éditorial. Je ne peux m’empêcher de réagir à l’une de vos évaluations, celle qui porte sur la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe à qui, selon vous, « il serait malhonnête [d’ attribuer] une part de responsabilité ». Tout d’abord, je vous donne raison : rien n’obligeait la CSSH à « tendre une perche » au CAG, sinon son intérêt de profiter d’installations sportives en excellente condition. Toutefois, convenons du fait qu’une fois qu’elle a décidé de se mettre à table avec appétit, il faut bien qu’elle s’attende à partager les plats… J’attirerai votre attention sur deux éléments du dossier où, à mon avis, la Commission scolaire a affiché une intransigeance totale. Saviez-vous que le ministère du Travail a offert ses services de médiation pour solutionner l’impasse du CAG? Dans le contexte exceptionnel dans lequel cette transaction se déroulait, le syndicat des professeurs d’Antoine-Girouard a accepté immédiatement cette offre de la part d’un intermédiaire crédible. Or, la médiation ne peut avoir lieu sans le consentement de toutes les parties, malheureusement, la CSSH n’a pas donné suite à cette offre. Par ailleurs, vous soulignez avec justesse qu’au coeur du problème se trouve un différend quant au statut de la transaction : s’agit-il d’une « fermeture d’entreprise » ou d’un « transfert d’activités »? Vous semblez pencher du côté de la première interprétation. En êtes-vous certain? Avez-vous consulté la jurisprudence? Êtes-vous spécialiste du droit du travail? Le syndicat du CAG a proposé à la CSSH de faire trancher la question par la Commission des relations du travail en déposant une requête en vertu de l’article 45 du Code du travail. La réponse de la CSSH à cette demande légitime a été radicale : elle retirerait son offre si le syndicat déposait une telle requête! Comment ne pas se sentir piégé dans les circonstances? Je ne peux m’empêcher de croire que si la CSSH a rejeté avec tant de vigueur la médiation du ministère du Travail et le recours à la Commission des relations du travail pour trancher la question de l’ancienneté, c’est que les professeurs d’Antoine-Girouard avaient probablement raison de croire que leurs droits étaient bafoués par l’offre de la Commission scolaire… À ceux qui disent que les syndicats sont entièrement responsables de l’échec de ces pourparlers, je rappellerai simplement le fait que des syndicats ne peuvent négocier un contrat de travail entre eux, ils négocient par définition avec un employeur. La Commission scolaire a très certainement joué un rôle dans ce que vous appelez, à juste titre, un « gâchis ». Avec un peu d’ouverture de sa part, cette situation déplorable aurait pu tourner de manière bien différente pour les professeurs d’Antoine-Girouard, les élèves et leur famille, ainsi que toute la communauté de Saint-Hyacinthe.

Caroline Quesnel Vice-présidente, regroupement privé FNEEQ-CSN

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