1 juillet 2021
carte blanche
Canceller le Canada
Par: Christian Vanasse
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Un mouvement créé sur les réseaux sociaux à la suite des macabres découvertes liées aux pensionnats autochtones, #cancelCanadaday, prend de l’ampleur partout au pays et plusieurs villes ont annoncé avoir mis les festivités sur pause. Pour ma part et pour toutes sortes d’autres raisons, ça fait au moins un demi-siècle que je ne célèbre pas le Canada, mais cette année, j’ai une raison supplémentaire parce que trop de nos sœurs et frères autochtones n’ont pas le cœur à la fête.

Certains font valoir qu’il faut tout de même célébrer, mais en tirant des leçons de ce « triste chapitre » de l’histoire canadienne. Sauf que les récentes découvertes ne sont que la partie visible de l’iceberg et il en reste des milliers à trouver. Ce que nous avons sous les yeux n’est pas qu’un simple « chapitre » de notre histoire, c’est un livre complet, c’est le manuel du propriétaire, le mode d’emploi de ce pays.

Le plus étonnant, c’est que certains soient aujourd’hui surpris. C’était pourtant écrit, documents à l’appui. Pour en faire de bons Canadiens, on devait détruire tout ce que les jeunes autochtones étaient. Tout avait été pensé, organisé et mis en place par les autorités politiques et religieuses pendant des années. Ce n’était pas un accident, c’était un projet. Il existe un mot pour décrire la destruction méthodique d’un groupe d’humains pis c’est ben dur et malaisant de fêter ça, un génocide. On peut juste le reconnaître. Et réparer. Reconstruire ce qui a été détruit.

Tiens, au lieu de canceller le 1er juillet, si à la place de faire péter des feux d’artifice et de parader des artistes enroulés dans l’unifolié, on prenait tout cet argent et qu’on s’en servait pour reconstruire les communautés autochtones sacrifiées et détruites pour ce beau pays, là, je participerais à la fête avec plaisir.

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