3 mai 2012
Cent ans de sports à Saint-Pie (1)
Par: Le Courrier
Quelques patineurs sur la rivière Noire à Saint-Pie, vers 1920. Archives CHSH.

Quelques patineurs sur la rivière Noire à Saint-Pie, vers 1920. Archives CHSH.

Les courses de chevaux

Pendant plusieurs décennies, le Québec compte trois principaux réseaux de développement du sport : la filière anglophone, celle des Canadiens français qui se forge en marge de la première, et enfin, le réseau des clercs que les historiens qualifient d’alternatif. L’appropriation du sport par les francophones est en grande partie attribuable au rôle joué par le clergé.

Cette tendance lourde, observée par les historiens du sport québécois, est également vérifiable pour Saint-Pie. Dès leur arrivée en 1914, les frères du Sacré-Coeur donnent l’opportunité à leurs étudiants de s’initier aux rudiments du sport. Ces premiers efforts permettent aux jeunes gens de se maintenir en santé, mais ils contribuent également au développement de leur personnalité. Du point de vue moral, l’activité physique et les jeux demeurent une belle façon de vaincre l’oisiveté et la paresse. Les frères du Sacré-Coeur disposent d’un allié important dans la transmission de ces valeurs. Dès 1915, le père Louis-Éugène Tremblay, c.s.v., supérieur du Patronage Saint-Vincent-de-Paul de Saint-Hyacinthe, rend visite annuellement aux citoyens de Saint-Pie. Lorsqu’il s’adresse aux paroissiens, il expose les bienfaits du Patro, mais il recueille également les offrandes lui permettant la poursuite de son oeuvre. Ainsi, à l’Académie, les jeux et les sports pratiqués sous l’oeil attentif des frères deviennent partie intégrante de la formation des jeunes. Ces valeurs sont si bien ancrées que, plus tard, devenus adultes et regroupés au sein de l’Amicale de Saint-Pie, les Anciens se feront un devoir de transmettre cet héritage en appuyant fortement la pratique d’activités récréatives chez les jeunes. Mais au-delà de l’importante contribution des frères dans le développement du sport, il ne faut pas sous-estimer l’apport de la population. En ce qui a trait à l’organisation d’activités sportives et de loisirs à Saint-Pie, la conjugaison des forces cléricales et laïques constitue un reflet assez juste du dynamisme local.

Les courses de chevaux

Dans le Québec d’autrefois, bien avant la naissance de moyens de transport rapides et confortables, le cheval occupe une place considérable dans la vie quotidienne. En plus de ses fonctions utilitaires, il devient sujet de fierté pour l’habitant qui se targue de posséder la plus fringante monture.

D’origine britannique, le sport des rois apparaît dans la ville de Québec en 1808. Quelques années plus tard, en 1820, des courses de chevaux sont organisées à Montréal. Par la suite, le développement et la diffusion de cette pratique sportive s’accentuent autour des localités de Québec, Montréal et Saint-Hyacinthe. À Saint-Pie, emporté par l’enthousiasme et les succès des Maskoutains, on organise pour la première fois des courses au trot sur la glace, près du village, les 8 et 9 mars 1858. Le 6 juillet de la même année, Ambroise Cusson, surnommé Job, loue de J. Bte Joannes Ducharme, pour une période de 19 ans, un chemin de course rond qu’il est à construire sur les terres de ce dernier. Le 20 et 21 septembre suivant, Cusson présente son premier programme de courses en spécifiant que les courses auront lieu si le temps et les chemins le permettent, car les moyens de communication sont très limités à l’époque.

Un nouveau rond de course

Entre 1858 et 1860, on tient des compétitions sur la glace sur le rond de course de monsieur Cusson. Après cette première période d’activité, les journaux consultés font mention de courses sur glace en 1868 et 1872. En octobre 1880, le marchand Euclide Roy achète les terres sur lesquelles il aménage un rond de course. S’agit-il de la même piste qu’autrefois?

Dans un résumé des courses au trot de Saint-Pie, publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe, le 25 juillet 1885, il est question du « nouveau rond du club de course de Saint-Pie, près de la station du chemin de fer du Sud-Est ». Comme le soulève l’historien Donald Guay dans son Histoire des courses de chevaux au Québec, la proximité de la voie ferrée joue un rôle important dans le développement des courses hippiques. À cet égard, Saint-Pie est choyée, tout comme les hippodromes de Montréal, Lachine et Beloeil. Ce nouveau rond de course occupait les terres où l’on retrouve actuellement un développement domiciliaire, tout juste derrière les installations de Dutailier sur la rue Saint-Pierre. Pour se donner une bonne idée de l’emplacement, il faut voir la nouvelle portion de la rue Jacques-Cartier comme étant au centre. À son extrémité est, la piste était délimitée par la rue Choquette et à l’ouest par la rue Alfred-Tétreault. Il va sans dire que les installations de l’hippodrome étaient beaucoup plus vastes que le tracé de la piste. À suivre…

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