13 juin 2019
Carte blanche
Chasser le ballon
Par: Christian Vanasse
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Dans un congrès des sciences humaines à Vancouver, une universitaire analyse le ballon-chasseur comme de « l’intimidation légalisée pouvant causer des traumatismes » qu’il faudrait bannir de nos gymnases et cours d’école.

Des chroniqueurs à 5 cennes chaussent leur plus bel esprit de bottine pis montent sur leurs grands chevaux dins rideaux pour glisser sur la pente savonneuse : « Nous sommes en train de faire une génération de moumounes! Si on avait une guerre, on la perdrait en 10 minutes! » Hum… ça dépend contre qui. Si l’ennemi est une puissance nucléaire oui, ça pourrait se terminer très vite et notre débandade n’aurait rien à voir avec la virilité des membres de nos Forces. Et on n’est plus en 1945, dans la guerre moderne, les nerds et leurs drones font plus de morts que les G.I. Joe sur les stéroïdes.

Mais c’est fou comme dans l’esprit de certains, « une personne qui fait quelque chose quelque part » devient vite « tout le monde, partout, tout le temps!!! » Hola. Ce n’est pas parce qu’une prof à l’autre bout du pays propose une idée (sans te la garnotter dans’face) que la virilité d’une génération est menacée. Ça, ce serait « moumoune ».

Alors, calmons-nous, on est loin de bannir le ballon-chasseur. Je ne défends pas non plus ce jeu détesté des « choisis en dernier »… qui seront aussi les premiers à se faire pincer par la balloune rouge. Mais c’est ça la game, pour éliminer l’adversaire, faut pas qu’il l’attrape. Il devrait être volontaire plutôt qu’imposé, mais le jeu en soi est bon.

Sauf quand il favorise l’intimidation et la violence non nécessaire à sa pratique. Un peu comme les bagarres au hockey. Le jeu est-il moins « viril » sans elles?

Notre société n’est pas en manque de violence, mais de réflexion et de moyens pour mieux la canaliser.

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