23 octobre 2014
Économie sous tension
Chocolat et fromage
Par: Martin Bourassa
Publicité
Activer le son

Les choses changent vite en affaires.

Il y a quelques jours à peine, nous mettions la touche finale au cahier des 200 plus grands employeurs de la MRC des Maskoutains sur une conclusion pour le moins étonnante : une hausse de 913 emplois par rapport à 2013.

Oui étonnante, considérant le climat économique général des 12 derniers mois à Saint-Hyacinthe, au Québec et même à plus grande échelle.

Mais les chiffres implacables que nous avons recueillis l’été dernier auprès des employeurs comptant plus de 20 salariés ne mentaient pas, dans la mesure où l’on présume que les premiers concernés répondent avec honnêteté. Mais en l’espace d’une semaine, on dirait bien que le bel élan d’optimisme renvoyé par ce cahier ne tient plus.

La coopérative Agropur aurait sorti le couperet à son usine de Saint-Damase et Hershey Canada, l’un des employeurs les plus dynamiques des trois dernières années à Saint-Hyacinthe, vient de procéder à une quarantaine de mises à pied.

Mais il y a tout un monde de différence entre ces deux annonces. Et entre les deux nouvelles, celle qui nous vient de l’ex-usine Damafro est beaucoup plus suspecte, voire inquiétante pour la suite des choses. Un monde de différence, disons-nous?

D’abord dans la façon de communiquer ces annonces, ou de réagir une fois qu’elles ont été révélées par la bande et par l’intermédiaire des médias.

D’abord dans la façon de communiquer ces annonces, ou de réagir une fois qu’elles ont été révélées par la bande et par l’intermédiaire des médias.

Dans le cas de Hershey Canada, c’est le directeur de l’usine maskoutaine qui a répondu à toutes nos questions, expliqué le contexte et la cause des mises à pied qu’il a dû effectuer et qu’il souhaite le plus temporaire possible. Vite fait, bien fait de la part d’une entreprise privée qui n’est pas tenue à motiver publiquement ses faits et gestes.

Du côté d’Agropur, la route vers la bonne information a été beaucoup plus sinueuse en compagnie du porte-parole officiel. Peu d’empressement, réponses approximatives et courriels ambigus. Du « Damage control » des ligues majeures d’un PR soucieux de préserver l’image de son employeur et de minimiser la portée des coupures.

Revenons donc aux chiffres connus. Lors de la vente de Damafro à Agropur l’automne dernier, on faisait état des 195 employés touchés par cette transaction.

Le printemps dernier dans le questionnaire des 200, Agropur rapportait la présence de 200 employés à Saint-Damase, en baisse de 15 par rapport à 2013. « Rien de significatif », avions-nous écrit dans le cahier des 200 à ce sujet.

Puis la semaine dernière, voilà qu’Agropur dit qu’ils n’étaient en réalité que 149, mais que le chiffre avait été arrondi (!) pour les fins des 200. Avec les récentes mises à pied, les effectifs se situeraient désormais autour de 129 tous postes confondus.

Sauf que les sceptiques sont loin d’être confondus eux. On s’attendrait à plus de transparence d’une coopérative comme Agropur, fleuron dans son domaine.

On aimerait bien savoir elle s’en va où avec ses fromages.

À Saint-Hubert ou à Saint-Damase?

image