30 janvier 2020
Forum
Comment améliorer le transport actif à Saint-Hyacinthe?
Par: Le Courrier

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillères et conseillers, directrices et directeurs, le Comité des citoyennes et citoyens pour l’environnement maskoutain (CCCPEM) vous a transmis cette semaine son mémoire sur le transport actif, mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique pour le nouveau plan de développement durable (PDD) de la Ville de Saint-Hyacinthe.

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Ce document se veut le fruit d’un travail bénévole rigoureux et engagé envers notre communauté maskoutaine : outre les membres de notre comité transport y ont participé des citoyens et citoyennes, ainsi qu’un organisateur communautaire et un conseiller en promotion de la santé du CLSC des Maskoutains.

Portrait et avantages du transport actif

Le transport actif est un mode de déplacement économique et écologique, deux enjeux majeurs du développement durable. Il inclut tout mode de transport à propulsion humaine non motorisé, tels la marche et le vélo, ainsi que ceux pouvant compenser une incapacité ou une insuffisance physique, tel un quadriporteur.

En plus de permettre de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre, le transport actif est aussi hautement bénéfique pour la santé. Une étude récente a démontré que les gens qui se déplacent à pied ou à vélo pour aller au travail avaient respectivement 27 % et 46 % moins de chance de développer une maladie cardiovasculaire. De plus, les cyclistes avaient également 32 % moins de chance de développer un cancer. Pour toutes ces raisons, le transport actif doit être mis en valeur et occuper une place importante dans le cadre de l’aménagement du territoire.

Cependant, nous constatons une baisse de la proportion de la population de 15 ans et plus utilisant un mode de transport actif pour se rendre au travail dans la Ville de Saint-Hyacinthe entre 2011 (12,2 %) et 2016 (11,6 %). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse et certains ont été identifiés dans notre mémoire ainsi que par les citoyen.ne.s lors de la soirée de consultation du 22 janvier.

Sécurité des usagers

Ainsi, l’enjeu primordial qui ressort est le sentiment d’insécurité des usagers. Par exemple, le mauvais entretien des trottoirs, la durée trop courte de certains feux pour piétons, la vétusté des tunnels piétonniers, le manque de connectivité entre les différents tronçons de pistes cyclables et l’absence presque complète de pistes au centre-ville ne sont que quelques irritants identifiés dans le mémoire, irritants auxquels nous proposons des solutions.

Certaines de celles-ci sont toutes simples, comme l’augmentation du nombre et de la visibilité des passages piétonniers, la réduction de la largeur de certains tronçons de rues achalandées, l’installation de feux protégés pour piétons avec signalisation sonore et/ou l’allongement de leur durée.

Entretien et développement des infrastructures

Les conditions de la chaussée en hiver font l’objet d’une attention particulière dans notre document, car la présence de neige, de glace ou de gadoue nuit énormément aux déplacements. Pourtant, d’autres pays nordiques vivant des aléas météorologiques similaires aux nôtres ont trouvé des solutions innovantes pour permettre à leur population d’affronter l’hiver à pied ou à vélo en toute sécurité.

Par exemple, pourquoi ne pas déneiger les pistes cyclables en priorité? Ces pistes peuvent être empruntées non seulement par les cyclistes, mais aussi par les piétons, car leur localisation en bord de rue les rend généralement plus faciles à drainer que les trottoirs, réduisant par le fait même la quantité de glace qui peut s’y former.

La qualité des infrastructures est également un enjeu important pour encourager la population à se déplacer activement. Ainsi, des trottoirs bordés d’arbres afin de réduire la chaleur et protéger des intempéries, des trottoirs larges afin de permettre à deux personnes de s’y déplacer côte à côte, des pistes cyclables bien entretenues et se rendant directement à leur but, la présence de nombreux supports à vélo près des commerces afin d’encourager la population à les fréquenter de cette manière, ne sont que quelques moyens identifiés pour valoriser ces moyens de déplacement.

Une instance municipale pour le transport actif

Mais, avant tout, et afin de bien coordonner toutes les actions et les développements ultérieurs, nous recommandons la mise sur pied d’une Politique municipale de la mobilité durable avec des objectifs ambitieux de réduction des GES causés par le transport et le développement de saines habitudes de vie, en collaboration avec les organismes communautaires du milieu, les intervenants de santé publique et les citoyen.ne.s, ainsi que la création d’une Direction de la Mobilité durable au sein de l’administration municipale. Ces actions démontreraient hors de tout doute un réel engagement de la Municipalité envers le développement du transport actif.

Pour en savoir plus

Des membres du comité transport du CCCPEM seront présents lors du prochain conseil de ville afin de vous remettre une copie en mains propres du mémoire et solliciter une rencontre avec vous afin d’en présenter les grandes lignes et les recommandations. Le document sera bientôt entièrement accessible à nos concitoyens sur le site web de notre organisation au cccpem.com/memoires/.

En espérant que cette démarche vous convaincra de l’importance du transport actif et vous outillera pour lui donner toute l’importance qu’il mérite.

Sonia Chénier et Annabelle T. Palardy,
Au nom du Comité transport du CCCPEM

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