17 novembre 2011
Les indépendants s'unissent pour la liberté de presse, la diversité d'opinions et la démocratie
Cri du coeur de la presse indépendante
Par: Martin Bourassa
Josée Pilotte, présidente de l'APIQ et éditrice de l'hebdomadaire Accès Laurentides.

Josée Pilotte, présidente de l'APIQ et éditrice de l'hebdomadaire Accès Laurentides.

Les journaux indépendants du Québec se regroupent pour former une association afin de faire face à la convergence des grands groupes de presse et dénoncer des pratiques commerciales qui mettent en péril 160 années de journalisme hebdomadaire au Québec.

Ce regroupement – qui représente déjà à ce jour une trentaine de journaux indépendants de partout au Québec – réagit ainsi à la guerre que se mènent actuellement deux groupes de presse importants, une guerre initiée par Quebecor Media, dont les pratiques commerciales « sur le terrain » mettent en péril la presse hebdomadaire locale.

« Avec ces pratiques commerciales déloyales, comme la vente systématique de publicités à rabais, destinées à occuper l’ensemble du territoire, ces groupes de presse ébranlent carrément la démocratie, dont l’une des assises demeure une presse vivante et diversifiée, particulièrement en région, souligne la présidente de l’Association de la presse indépendante du Québec (APIQ), Josée Pilotte. Que ce soit clair : nous ne dénonçons pas la concurrence, mais seulement des pratiques commerciales déloyales. Si les grands groupes de presse peuvent se permettre une guerre de prix, il en est tout autrement de nous de la presse indépendante, qui donnons pourtant de l’oxygène aux débats publics et participons activement à la vitalité de nos régions respectives. Nous faisons les frais d’une guerre absurde, qui se déroule bien au-dessus de nous, mais dont les conséquences pourraient s’avérer à court terme désastreuses pour tout un pan du journalisme au Québec, qui pourrait s’écrouler très bientôt. »

L’APIQ interpelle Michael Sabia et Christine St-Pierre

Rappelant que Quebecor Media est détenue et financée à hauteur de 45 % par des fonds publics via la Caisse de dépôt et placement du Québec, l’APIQ demande formellement à son président, Michael Sabia, de faire les représentations nécessaires auprès de ce groupe de presse afin de stopper cette hémorragie qui, selon l’Association, finira par tuer la presse hebdomadaire locale; l’APIQ considère qu’il est du devoir de M. Sabia de réagir rapidement sur la question.

De même, l’APIQ espère que Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, saura être attentive à cette problématique et prendre les actions nécessaires à sa résolution. N’excluant aucune avenue pour mener à bien son action et ce combat qu’elle estime juste, de la tenue d’une Commission parlementaire jusqu’à la nécessité pour le gouvernement de légiférer afin de préserver la presse hebdomadaire indépendante et de rétablir un équilibre entre celle-ci et les grands groupes de presse, l’APIQ souhaite en premier lieu sensibiliser le public et ses lecteurs à cette réalité qui se doit d’être dénoncée.

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