17 mai 2012
Cul-de-sac étudiant
Par: Martin Bourassa

Je n’ai pas écrit tellement sur le conflit étudiant depuis février. À peine un commentaire ou deux. Il faut dire que mon opinion a évolué sur la question au cours des dernières semaines. Elle a évolué, mais pas changé sur le fond.

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Je n’ai pas écrit tellement sur le conflit étudiant depuis février. À peine un commentaire ou deux. Il faut dire que mon opinion a évolué sur la question au cours des dernières semaines. Elle a évolué, mais pas changé sur le fond.

Je demeure encore convaincu qu’une hausse des frais de scolarité est incontournable et même souhaitable. J’ai en passant la même opinion sur le service de garde à 7 $ qu’il faudrait indexer au plus sacrant. Mais bon, un problème à la fois.En ce qui concerne la hausse des frais de scolarité, mon idée a évolué disais-je.Partisan de la ligne dure, je suis progressivement passé à la ligne… molle!Je me suis laissé attendrir ou convaincre par les manifestations pacifiques comme celle du 22 mars dans les rues de Montréal et par les arguments sensés entendus ici et là, dont ceux de mon ami chroniqueur et blogueur Christian Vanasse. Oui, il m’a fait réfléchir. Assez pour croire que la meilleure solution serait finalement d’étendre la hausse annoncée dans le temps et de rehausser l’aide financière aux étudiants dans le besoin. C’est sensiblement la position qu’a fini par adopter le gouvernement en étalant la hausse sur sept ans au lieu de cinq en bonifiant le régime de prêts et bourses et en proposant le remboursement proportionnel aux revenus.Puis, il y a eu des dérapages en quantité. Le non-respect d’injonctions, les manifestations violentes et sanglantes, dont celle de Victoriaville, l’entente signée puis ravalée, les commentaires maladroits du gouvernement et de la ministre de l’Éducation, les actes criminels dans le métro de Montréal, les perturbations économiques, la démission de la ministre Beauchamp, et j’en passe. Un moment donné, pour reprendre l’expression du ministre des Finances, « Assez, c’est assez ». Ma sympathie aux étudiants a fini par s’éroder à force d’entendre certains exiger la gratuité absolue ou refuser tout compromis. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer dans l’opinion publique. Un retour du balancier attribuable à l’exaspération de la population. Et en passant, l’opinion publique n’est pas manipulée par les médias, quoi qu’en pensent les leaders étudiants et tous les extrémistes qui nuisent à leur cause. Pour se tirer dans le pied, les étudiants n’ont pas besoin des médias. Ils sont capables de le faire eux-mêmes. Comment? En commençant par voter des résolutions pour empêcher les journalistes d’assister à leur assemblée générale. Ou en faisant tout pour empêcher les médias de bien faire leur travail dans les palais de justice ou en lançant des appels à des actions concertées contre les messagers. Ils n’ont certainement pas de leçon de démocratie à faire à personne.Localement, il faut toutefois reconnaître le civisme des étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe envers la population et les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. À part un peu de vandalisme au centre-ville, on ne peut pas leur reprocher grand-chose depuis le 15 mars. Au contraire, ils ont respecté l’injonction obtenue par l’un des leurs et convenu de plusieurs accommodements avec la direction du collège. Chapeau.On souhaiterait observer la même sensibilité chez leurs collègues et leaders.

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