20 septembre 2012
Dans le Luberon, la vie est belle!
Par: Hélène Dion

Le vignoble du Luberon, dans le département du Vaucluse, accueillait déjà la vigne durant l’Antiquité. Aujourd’hui, le Luberon se démarque avec des vins de qualité, de caractère, à des prix qui concurrencent férocement ceux de régions à proximité. De retour d’un voyage dans le Luberon, voici quelques impressions et suggestions de dégustation.

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Le Luberon est un massif, un parc naturel et une appellation d’origine protégée née en 1988. Le Luberon est aussi un pays de cerises, de truffes, de melons. C’est un pays de châteaux qui a vu passer des personnages historiques dont le Marquis de Sade au Château de Lacoste ou encore Picasso à Ménerbes. C’est un pays de gens chaleureux et fiers. Et c’est aussi ce lieu si délicieusement décrit dans les livres à succès de Peter Mayle.

C’est sur ce massif, divisé en « deux Luberons », le grand et le petit, que la viticulture s’est développée. Le sommet, qui culmine à 1 127 mètres d’altitude, est le « Mourre Nègre ». Les vignes sont généralement plantées entre 200 et 450 mètres d’altitude, ce qui permet, sous ce climat chaud, de bénéficier d’amplitudes thermiques permettant de conserver une fraîcheur dans les vins et de doter les rouges d’un caractère plus affirmé. La vigne pousse sur les versants nord et sud « des deux Luberons », peu dans les plaines et pas du tout à l’intérieur de la combe qui traverse « les Luberons » ni sur les extrémités du massif. Si le Luberon fait partie de la Provence, son appellation est rattachée à la Vallée du Rhône. Il partage avec cette grande région viticole ses cépages, mais tire toute sa personnalité de son paysage, de ce massif, de cette douceur de vivre, de cette chaleur méditerranéenne. En passant dans la combe de Lourmarin pour se frayer un chemin dans le massif, on est pris de vertige au coeur de ce passage aux flancs escarpés. Entre le Grand et le Petit Luberon, cette petite route sinueuse permet de se rendre jusqu’à Bonnieux, puis à Ménerbes et enfin à Gordes plus au nord. À Bonnieux, on découvre la première cave coopérative du Vaucluse qui a vu le jour en 1920. Puis, à Ménerbes, ce magnifique village dont Nostradamus parlait déjà en ces mots : « Le vieux village de Ménerbes s’étend sur un éperon allongé, en forme de vaisseau ». Cette route qui trace la voie entre la Durance au Sud et les Monts du Vaucluse au nord, est le lieu d’impressionnants vestiges et on apprend que les petits abris de pierre sèche que l’on croise ça et là, sont les « bories », structures typiques de la région servant à garder des outils.

Les vins du Luberon

L’appellation, qui a vu le jour en 1988 sous le nom de Côtes-du-Luberon, est séparée de celle du Ventoux par la rivière Calavon. Désormais sous l’appellation Luberon, la production de rosé (48 %), de rouge (28 %) et de blanc (24 %) est assurée par 52 domaines et 10 caves coopératives. La proximité avec le Ventoux encourage certains propriétaires à produire les deux appellations, Ventoux et Luberon, comme c’est le cas pour la cave de Marrenon.

Les vins doivent provenir d’assemblages issus de syrah, de grenache, puis de Carignan, de cinsault et de mourvèdre. Les rouges sont aromatiques, fruités, parfois délicieusement épicés, gourmands, et offrent une tension en bouche qui en fait des vins digestes. Les blancs plaisent par leur arômes de miel, de fruits, d’agrumes, de noisette avec des cépages tels que le vermentino, la marsanne, la roussanne, la clairette, l’ugni blanc, le bourboulenc et encore le viognier. Enfin, les rosés sont aromatiques, du rosé pâle au rosé fushia, vifs et gourmands. Je suis surprise du peu de vins du Luberon que l’on retrouve à la SAQ. À peine dix références sont disponibles présentement, à part les importations privées. Seulement deux blancs et aucun rosé… Dégustés à l’aveugle sur la jolie terrasse de la Maison de la Truffe et du Vin à Ménerbes, voici mes impressions de quelques cuvées disponibles. Grand Marrenon – Luberon 2010 – Cellier de Marrenon – Code SAQ : 10678157 – Prix : 18,15 $ Millésime dégusté : 2010 – Cette sélection parcellaire est composée majoritairement de syrah, assemblée au grenache. Aromatique, net, avec des notes de cerise, de graphite, et une bouche épicée, aux tanins présents, mais bien intégrés. L’élevage en partie en fûts neufs se ressent quelque peu. À laisser en cave quelques années. Les Artèmes – Luberon 2007 Domaine de la Citadelle – Code SAQ : 11095922 – Prix : 24,65 $ Millésime dégusté : 2009 – Délicieux assemblage de syrah, grenache et mourvèdre aux arômes de fruits mûrs, avec une note mentholée, à la bouche charnue, épicée et chaude. Ce vin est produit par Yves Rousset-Rouard, maire de Ménerbes, collectionneur de tire-bouchons et ancien producteur de films. La Ciboise – Luberon 2011 – Chapoutier – Code SAQ : 11374382 – Prix : 14,35 $ Millésime dégusté : 2011 – Le nez est tellement invitant, avec du fruit, du poivre et en bouche, c’est un vin charnu, à l’acidité vive et une belle trame tannique qui en font un vin droit.

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