25 avril 2013
De l’Union Saint-Joseph à La Survivance (4)
Par: Le Courrier
Ancien hôtel Yamaska vers 1922. (Archives du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe : CH478-014-PI009-002-0003)

Ancien hôtel Yamaska vers 1922. (Archives du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe : CH478-014-PI009-002-0003)

Écarts de conduite et sanctions

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L’appartenance à l’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe était assortie d’obligations que les membres devaient respecter sous peine de sanctions.

Écarts de conduite et sanctions

Les écarts de conduite des membres, les manquements aux règlements ou la négligence dans la participation aux activités de la Société étaient sanctionnés par des amendes ou même par une expulsion dans les cas de récidive ou plus graves. À titre d’exemple, à moins que le manquement soit justifiable par la maladie, l’absence ou autre motif raisonnable :

340. Tout visiteur d’un malade, manquant à son devoir, est passible de cinquante centins d’amende. 341. Tout membre bien portant […] est obligé d’assister aux funérailles du sociétaire […] sous peine d’une amende de 25 centins par le seul fait d’absence aux dites funérailles […]; aucune obligation d’assister aux funérailles des membres auxquels la sépulture ecclésiastique est refusée. 346. Tout membre qui userait, dans la discussion, de paroles blessantes ou irrespectueuses, envers les confrères ou la Société, sera condamné à une amende, de 25 centins à 1 $, fixée par le président, suivant la gravité de l’offense. 349. Tout membre qui n’assiste pas à la fête patronale de la Société, à l’endroit où il réside, doit payer 50 centins d’amende. […] 351. Tout membre qui, dans les sorties en corps, s’enivre de façon à se faire remarquer, doit payer 2 $ d’amende à la première offense, à la seconde, il sera expulsé. 352. Tout membre qui assiste aux funérailles d’un membre, à la fête patronale, ou à toute autre sortie en corps autorisée par l’assemblée, et qui n’aura pas d’insigne ou refusera de le porter de la manière ordinaire, sera passible de 25 centins d’amende.

En 1922, un nécessaire rajustement des taux

L’année 1922 fut une période de grande inquiétude pour les administrateurs de la Société. Les taux d’assurance étaient trop bas et le déficit de l’entreprise prenait de plus en plus d’importance. D’ailleurs, plusieurs sociétés de secours mutuels vivaient le même problème. Pour l’Union Saint-Joseph de Drummondville, par exemple, les effets de la grippe espagnole se firent sentir dans le nombre de réclamations en maladie et en décès, ce qui exigea un rajustement des taux. À Saint-Hyacinthe, la situation fut rapportée dans le Courrier de Saint-Hyacinthe dans les termes suivants :

« L’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe avait été établie sur les seules bases de la Charité et de la moralité chrétiennes, à une époque où les calculs mathématiques des actuaires expérimentés n’existaient pas, et les fondateurs avaient été forcés de fixer, de bonne foi, et au meilleur de leurs connaissances forcément limitées, des taux de contributions disproportionnés aux obligations futures qu’ils contractaient. De là, le déficit accumulé qui a nécessité le rajustement des taux en 1922, que les membres ont ratifié à la dernière convention pour assurer la survivance et la prospérité d’une oeuvre éminemment sociale, religieuse et patriotique. » Dans les faits, la réserve accumulée au 31 août 1921 ne représentait que 12 % des montants requis pour faire face aux obligations futures : ce qui faisait dire à l’actuaire retenu pour faire les calculs que « la réserve de 12 % indique que la Société ne devrait payer à la mort que 120 $ au lieu des 1 000 $ prévus ». Plusieurs membres ne pouvant accepter l’augmentation requise abandonnèrent la Société.

Vente de l’édifice du siège social et déménagements

Cette année-là, le 2 décembre 1922, l’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe décidait de se départir de l’édifice connu sous le nom de « ancien Hôtel Yamaska » qu’elle avait acquis antérieurement de monsieur Avila Perreault, le 12 septembre 1912, et qu’elle utilisait comme siège social sur la rue Girouard.

Les procès-verbaux des réunions du Comité de régie central pour cette période sont silencieux sur les motifs de cette vente; cependant, on peut comprendre que la vente pour le prix de 30 000 $ de cet immeuble à la Cité de Saint-Hyacinthe pour servir d’hôtel de ville a pu soulager les finances de la Société qui étaient jugées inquiétantes. C’est à partir de cette date que l’Union Saint-Joseph a loué un espace au sous-sol du Grand Hôtel, au coin des rues Mondor et Girouard, pour les fins de son administration. La Société occupa cet espace jusqu’au 31 janvier 1938, puis déménagea au 136 de la rue Cascades pour environ quatre mois en attendant que ses nouveaux bureaux soient prêts « dans la bâtisse de Maxime David » sur la rue Calixa-Lavallée.

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