10 décembre 2015
Veau de lait
Délimax dans la cour des grands
Par: Jean-Luc Lorry
Délimax dans la cour des grands

Délimax dans la cour des grands

Sur la photo, dans l’ordre habituel, les frères Donald, Fabien et Alexandre Fontaine copropriétaires de Délimax, le plus important producteur et distributeur de veau de lait, de veau de grain et d’agneau en Amérique du Nord. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Sur la photo, dans l’ordre habituel, les frères Donald, Fabien et Alexandre Fontaine copropriétaires de Délimax, le plus important producteur et distributeur de veau de lait, de veau de grain et d’agneau en Amérique du Nord. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Coactionnaire depuis 2006 de Montpak International, chef de file dans la transformation de viande de veau et d’agneau en Amérique du Nord, l’entreprise Délimax de Saint-Hyacinthe vient d’acquérir la totalité des parts de cette entreprise située à Laval.

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Cette décision stratégique propulse ­Délimax au rang du plus important ­producteur et distributeur de veau de lait, de veau de grain et d’agneau en Amérique du Nord.

« Dans un contexte d’une augmentation des coûts des matières premières comme celle du petit veau, le moment était idéal pour nous de ­consolider nos actifs », indique en ­entrevue au COURRIER, Fabien ­Fontaine, président-directeur général de Délimax et coactionnaire avec ses frères Donald et Alexandre de la ­nouvelle entité.

Fondée en 1959 par la famille ­Buksbaum, Montpak International est maintenant la propriété unique de la ­famille Fontaine qui détenait jusque là 50 % des parts. Alexandre Fontaine, qui connaît bien le marché du veau et de l’agneau à titre de superviseur de la ­division viande de Délimax, devient ­président-directeur général de Montpak international. Le montant de la transaction n’a pas été rendu public.

Délimax gère l’ensemble des maillons de la chaîne de production du veau et de l’agneau en possédant les entreprises qui élaborent la nourriture nécessaire à l’élevage ainsi que les abattoirs.

En juin, l’annonce de l’abolition du ­programme d’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) à partir du 1er janvier 2016 avait ébranlé les colonnes de Délimax et de son concurrent Écolait qui contrôlent tous deux 90 % de l’industrie du veau de lait au Québec.

« Comme le marché a été bon pour ­l’éleveur en 2015, nous n’avons pas eu besoin d’avoir recours à ce programme », mentionne Fabien Fontaine.

Défis futurs

En 2016, Délimax entend poursuivre la transformation de ses bâtiments pour permettre l’élevage des veaux en parc.

« Pour le bien-être animal, nous allons compléter la mise aux normes de nos fermes corporatives. Actuellement, 80 % d’entre elles sont déjà transformées », précise Fabien Fontaine.

À partir du 1er janvier 2018, tous les veaux de Délimax devront être en parc et disposeront individuellement d’un ­espace de deux mètres carrés. Auparavant, chaque veau était confiné dans un enclos distinct et pouvait être attaché.

« Ce programme de mise aux normes représente plus de 35 M$ d’investissements. Depuis cinq ans, nous y avons ­déjà consacré 25 M$ », note Alexandre Fontaine.

L’entreprise est propriétaire de ­85 fermes et fait affaire avec plus de 100 éleveurs sur le mode de contrat à forfait. L’élevage de veaux de lait et de veaux de grains représente environ 100 000 bêtes par année.

La mise aux normes des fermes à forfait est à la charge de ses propriétaires. Délimax leur offre un programme de financement de sept ans sans intérêt auprès de l’institution financière de leur choix.

En 2017, Délimax devra faire face à ­l’arrivée sur le marché de produits en ­provenance de producteurs de veaux de lait européens dans le cadre de l’Accord économique et commercial global (AECG) conclu entre le Canada et l’Union européenne. Cet accord de libre-échange n’est pas encore ratifié.

« Notre concurrent le plus important est le groupe hollandais Vandrie qui est le leader mondial de notre industrie en abattant 1,4 million de veaux par année », souligne Alexandre Fontaine.

Délimax réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 325 M$ et compte environ 800 employés.

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