15 février 2018
Démolitions confirmées au centre-ville
Par: Rémi Léonard
Une offre d’achat a été déposée sur ce bâtiment de l’avenue Saint-Simon ce dimanche par la Ville de Saint-Hyacinthe. Le montant de la transaction ne sera divulgué qu’après sa conclusion. L’immeuble est évalué à 435 100 $ au registre foncier. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une offre d’achat a été déposée sur ce bâtiment de l’avenue Saint-Simon ce dimanche par la Ville de Saint-Hyacinthe. Le montant de la transaction ne sera divulgué qu’après sa conclusion. L’immeuble est évalué à 435 100 $ au registre foncier. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a annoncé mercredi qu’elle entend raser un quadrilatère du centre-ville afin de créer près d’une centaine de places de stationnement non loin du Marché public.

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Tel qu’évoqué la semaine dernière dans nos pages, la municipalité avait déjà procédé en août 2017 à l’achat de plusieurs bâtiments appartenant au Groupe Léveillé sur les avenues Mondor et Saint-Simon ainsi que la place Levelco, où loge le magasin Longtest. Elle vient maintenant de confirmer une nouvelle acquisition dans le même périmètre, au 370-380 Saint-Simon.
La Ville possède ainsi tout le quadrilatère à l’exception de l’Hôtel Ottawa, l’immeuble au coin de la rue Saint-Antoine et de l’avenue Saint-Simon. Le conseil municipal est également en questionnement sur le sort du magasin Longtest, qui complète la façade donnant sur Saint-Antoine, mais tout le reste du quadrilatère jusqu’à la rue Marguerite-Bourgeoys sera démoli pour faire place à 97 cases de stationnement, a précisé le maire Claude Corbeil.
Cet espace supplémentaire pourra, par exemple, servir lorsque les travaux de réhabilitation du Marché public viendront retrancher des cases dans le secteur, a-t-il évoqué, rappelant que des espaces de stationnement étaient réclamés depuis plusieurs années par les commerçants. Malgré quelques départs d’entreprises du centre-ville, ces nouvelles places resteront pertinentes puisque d’autres commerces vont venir les remplacer, croit le maire, qui inscrit ces démolitions dans une démarche de revitalisation du centre-ville, sa grande priorité après le boom donné dernièrement dans le nord de la Ville.
Le conseiller du secteur, Jeannot Caron, croit lui aussi qu’il faut régler une fois pour toutes le problème de stationnement au centre-ville, d’abord en offrant plus de cases. Après une grande réflexion sur la mobilité urbaine et à l’aide d’incitatifs, il voudrait par la suite changer complètement la façon dont les gens se déplacent à Saint-Hyacinthe pour se débarrasser de la « culture du char » qui règne. Le conseiller croit que les espaces de stationnement deviendront éventuellement moins nécessaires et que la Ville pourra un jour « redonner ces espaces aux citoyens ».
La possibilité de fermer les avenues Saint-François et Saint-Simon pour faire place à des activités extérieures et de l’animation autour du Marché public a aussi été évoquée.
Priorité locataires
Après « des expériences passées difficiles », a évoqué le maire Corbeil en faisant référence au dossier des démolitions sur Marguerite-Bourgeoys, il a assuré que la priorité sera maintenant donnée aux locataires, qui ont d’ailleurs été rencontrés en début de semaine. La Ville se fera un point d’honneur de les accompagner et la démolition n’aura lieu que « la journée où le dernier locataire sera relocalisé à sa convenance », a soutenu le maire, qui ne s’avance donc pas sur une date précise pour les démolitions.
L’Office d’habitation de Saint-Hyacinthe (OMH) sera de nouveau sollicité dans ce mandat d’accompagnement. Son directeur général, Jean-Claude Ladouceur, a d’ailleurs indiqué que cinq logements étaient déjà disponibles et que les locataires concernés seront classés prioritaires dans la liste d’attente de l’OMH. Le projet de logements sociaux qui doit voir le jour sur l’avenue de la Concorde Nord, pas très loin de là, pourrait s’avérer une bonne option de relocalisation, a-t-il évoqué. « C’est une mauvaise nouvelle pour eux aujourd’hui, mais on espère que ça puisse se transformer en opportunité [d’avoir accès à un meilleur logement] », a-t-il affirmé.
L’ombre de Réseau Sélection?
Il ne faut pas voir dans ces démarches un quelconque lien avec Réseau Sélection, a bien insisté le maire. D’ailleurs, la pause annoncée en août est toujours effective, a-t-il précisé, et le début des travaux au printemps est devenu fort improbable, selon lui. M. Corbeil a également ajouté que le projet doit absolument être modifié pour pouvoir se réaliser. « On a compris que ça ne marchait pas tel que présenté », a-t-il reconnu, précisant que la dernière campagne électorale a bien fait réfléchir tout le conseil. « Nous ne sommes pas là pour imposer des choses, a affirmé le maire, mais on est là pour avoir une vision et prendre des décisions », a-t-il ajouté.

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