20 mai 2021
Au Cinéma Saint-Hyacinthe
Dérouler Le tapis rouge pour Les vieux chums
Par: Maxime Prévost Durand

Plusieurs comédiens et membres de l’équipe de tournage du film Les vieux chums, du cinéaste maskoutain Claude Gagnon, ont participé à la soirée de première organisée au Cinéma Saint-Hyacinthe lundi. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Paul Doucet, comédien. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Luka Limoges, comédien. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Hassan El Fad, comédien. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le cinéaste Claude Gagnon pose avec sa mère sur le tapis rouge. « C’est sa première sortie depuis un an. Une mère, c’est une mère. Elle ne voulait pas manquer ça », a lancé le Maskoutain en la voyant arriver. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avec son film Les vieux chums, le cinéaste Claude Gagnon laisse parler sa fierté maskoutaine alors que la majorité des scènes ont été tournées à Saint-Hyacinthe, sa ville natale. Il allait donc de soi qu’une première se tienne au Cinéma Saint-Hyacinthe, où le tapis rouge s’est déroulé lundi, quelques jours avant la sortie en salles le 21 mai.

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Pour pouvoir vivre cette expérience avec le plus grand nombre de personnes possible malgré les restrictions sanitaires, sept salles ont projeté le film en même temps, soit trois regroupant des invités de marque et quatre accueillant le public.

« C’est probablement une première première que ça se passe dans sept salles différentes, a lancé en riant Claude Gagnon dans un échange avec LE COURRIER sur place. Ça n’a aucun bon sens, mais en même temps, c’est mauditement le fun et les salles sont sold out. »

La plupart des comédiens du film étaient présents sur le tapis rouge, dont Paul Doucet, Hassan El Fad, Luka Limoges et Natasha Kanapé Fontaine. Pris par d’autres engagements, la tête d’affiche du long-métrage, Patrick Labbé, n’a pu être présent.

Claude Gagnon affichait une certaine fébrilité à l’idée d’enfin présenter son film au public maskoutain, près de deux ans après que le tournage a eu lieu dans la ville. La pandémie a eu pour effet de retarder à plusieurs reprises sa sortie en raison des aléas des mesures sanitaires.

« Il y a des fois où on a peur de montrer le film, mais cette fois, je n’ai pas cette peur. On est confiants, on aime beaucoup le film et je pense que les gens vont aimer aussi », a affirmé celui qui signe ici son 10e long-métrage en carrière.

Dans Les vieux chums, on suit Pierrot (Patrick Labbé) alors qu’il rentre à Saint-Hyacinthe, sa ville natale, pour retrouver ses amis et sa famille en sachant qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Serein dans cette épreuve, il souhaite ainsi fermer les livres à sa manière avant de ne plus faire partie de ce monde. Rapidement, il renouera avec son meilleur ami d’enfance, Jacques (Paul Doucet), qu’il sollicitera pour l’aider à bien finir ses jours.

« On a voulu que ce soit un film lumineux, dans lequel on se sent bien. Il y a de l’émotion, c’est vrai, mais il y a aussi beaucoup d’humour », a souligné Claude Gagnon en décrivant son œuvre.

Références maskoutaines

Tout au long du film, les références maskoutaines fusent de toute part et chaque lieu est présenté de la même manière que les citoyens de la ville les connaissent.

Dès la première scène, on voit Pierrot arriver en autobus, à bord de la 200, au terminus du centre-ville. Lorsqu’il débarque, il demande au chauffeur où est passé le café où il avait l’habitude d’aller avant de quitter la ville il y a plusieurs années et le chauffeur lui répond que tout a brûlé il y a longtemps, mais qu’il y a encore la Tabagie Mondor à côté. Plusieurs scènes sont filmées dans une vieille maison non loin de là, sur la rue Calixa-Lavallée, où Pierrot louera une chambre à bon prix.

Parmi les lieux qu’on reconnaît, il y a l’incontournable Marché public, le parc Casimir-Dessaulles, la Porte des anciens maires, le pont Barsalou, la rue des Cascades, le bar-spectacle Le Zaricot, l’ancien restaurant Le Bouffon et même le bar de danseuses Le Zipper que Pierrot a fortement fréquenté dans sa vie antérieure et avec lequel il renouera le temps de quelques après-midi.

« Mon objectif, c’est que les gens de Saint-Hyacinthe qui voient le film aient une espèce de fierté maskoutaine, a indiqué Claude Gagnon. Il faut que les gens [du coin] décident de venir voir ce film où on voit la ville partout. »

En plus de transpercer l’écran, la signature maskoutaine se ressent également derrière la caméra avec la contribution de l’entreprise Phazes, de Christopher Leduc, à titre de producteur associé.

« Les cinémas sont ouverts »

Dès sa première semaine à l’affiche, Les vieux chums se retrouvera dans 54 cinémas à travers le Québec.

« On vient de l’apprendre », a confirmé le cinéaste Claude Gagnon avec une pointe de fierté dans la voix.

Il espère maintenant que son œuvre réussira à toucher les gens et que ceux-ci répondront en grand nombre.

« Notre plus gros problème, c’est que les gens ont l’impression que les salles sont encore fermées. Il faut l’écrire en gros : LES SALLES DE CINÉMA SONT OUVERTES ET C’EST SÉCURITAIRE », a-t-il conclu avec un sourire en coin.

Paul Doucet, comédien

Travaillant pour la première fois avec Claude Gagnon, le comédien Paul Doucet a parlé d’une « magnifique rencontre » artistique.

« C’est lui qui m’a convaincu, sans avoir à me convaincre beaucoup. J’avais lu le scénario, mais à partir du moment où je l’ai rencontré, [il n’en fallait pas plus pour que j’embarque]. Il a tellement une douce folie et une façon de vendre son produit. Il est juste tellement passionné que tu ne peux pas faire autrement que d’être séduit », a-t-il souligné.

Dans ce film où l’amitié est à l’avant-plan, Paul Doucet a lui-même eu l’occasion de partager l’écran avec son bon ami Patrick Labbé, si bien que la relation entre leur personnage respectif de Jacques et de Pierrot s’est faite naturellement.

« La chimie n’était pas à créer, elle était déjà là. Le reste était de bâtir autour de ce qui était écrit, mais la connexion entre lui et moi existait déjà. »

Ayant grandi à Mont-Saint-Hilaire, le comédien connaissait déjà Saint-Hyacinthe pour son Marché public et l’exposition agricole, mais dit néanmoins avoir découvert « une belle ville » lors du tournage. « Il y a de tout. Il y avait la maison où on tournait qui était hyper crado et d’autres maisons plus huppées. C’était super agréable. »

Luka Limoges, comédien

Le comédien maskoutain Luka Limoges affichait une grande fierté d’avoir participé au film Les vieux chums, dans lequel il joue le fils du personnage principal incarné par Patrick Labbé.

« C’est quelque chose de très gros, c’est vraiment marquant. […] Juste de tourner avec Patrick Labbé, c’est gros. J’avais un personnage qui allait en profondeur dans les émotions de reconnecter avec son père, ce que je n’avais jamais vécu. Il fallait que je l’exploite avec l’émotion qui m’est venue, c’était le fun d’aller trouver ça en moi. C’était vraiment un beau rôle. »

C’est le cinéaste Claude Gagnon qui a pensé à lui pour ce rôle. « Je le connaissais zéro. C’est lui qui m’a parlé du projet, que c’était un truc très maskoutain et je suis tombé en amour avec sa façon de voir les choses. »

Luka dit d’ailleurs avoir pris plaisir à faire ce film dans sa ville natale. « J’habitais encore chez mes parents qui sont à Saint-Hyacinthe, donc de tourner sans devoir aller à Montréal, c’était le fun. De juste arriver dans le bas de la ville et que le set soit là, c’est une ambiance différente. »

Pour ce rôle, le comédien a dû se teindre les cheveux pour la première fois. « Sa mère m’a dit qu’elle ne l’aimait pas beaucoup en noir. Elle le préfère en blond », a ricané Claude Gagnon à ce sujet.

En plus du film Les vieux chums, Luka Limoges se retrouve également en vedette dans le long-métrage Première vague, un projet de fiction de Kino Montréal qui traite des 100 premiers jours de la pandémie. Il y joue le rôle d’un jeune homme insouciant face aux mesures sanitaires. D’abord présenté lors des Rendez-vous du cinéma du 28 avril au 8 mai, Première vague n’est pour l’instant à l’affiche qu’au Cinéma Beaubien à Montréal.

Hassan El Fad, comédien

En participant au film Les vieux chums, Hassan El Fad signe sa première incursion dans le milieu cinématographique québécois. Peu connu ici, le Marocain est une méga vedette dans son pays d’origine comme humoriste et acteur.

« C’était une très bonne expérience de voir un peu comment le métier se pratique ici et de côtoyer des acteurs de renom, en plus de travailler avec un réalisateur qui a un univers très particulier et une vision cinématographique qui lui est propre. C’était une belle expérience humaine aussi. […] J’ai vu les acteurs donner un coup de main sur le plateau pour telle ou telle tâche. On sentait que les gens faisaient le film pour le film lui-même. J’étais très content de pouvoir m’inscrire dans cet état d’esprit. »

L’artiste, qui fait carrière depuis plus de 25 ans, dit n’avoir eu besoin que de sept minutes pour savoir qu’il allait accepter le rôle qui lui était proposé. « Je savais déjà que j’allais embarquer dans l’expérience avant même de lire le scénario », a-t-il affirmé.

Le personnage qu’il incarne arrive seulement à la fin du film alors que l’action se transporte justement dans son Maroc natal.

« Quand on tournait, tout le monde était après lui. Entre chaque prise, il faisait une vingtaine de selfies avec le monde, s’est remémoré Claude Gagnon. C’est son premier film ici et ça ne sera pas son dernier. »

Le cinéaste espère d’ailleurs pouvoir présenter Les vieux chums dans un festival à Marrakech. « Un film avec Hassan, il faut que ça passe au Maroc! »

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