4 avril 2013
Des attentes!
Par: Pierre Bornais

Depuis son élection, le pape François est un sujet de conversation dans tous les milieux, surtout dans les salles d’attente et autres lieux sociaux où le contact direct est encore possible.

Comme de raison, chacun y va de son évaluation sur l’influence qu’aura ce « sympathique vieillard » sur la vénérable institution qu’il dirige. Dans ce contexte bon enfant, il est intéressant de constater que bon nombre de personnes sont catégoriques – on pourrait dire infaillibles – concernant la capacité ou non du Pape à changer les choses en profondeur. Certains par contre évoquent des attentes très précises. Par exemple, on parle de l’exclusion absolue des pédophiles, de l’acceptation de l’homosexualité, de l’avortement, du mariage des prêtres et de l’ordination des femmes. Se pourrait-il que, à l’exception de la pédophilie, les attentes soient trop élevées, du moins pour ce nouveau Pape? Il faut garder à l’esprit que l’Église est comme un immense paquebot qui ne peut modifier sa trajectoire radicalement, même si le capitaine le souhaite. De plus, l’institution est l’héritière universelle d’un passé millénaire et elle estime – à tort ou à raison – être la gardienne de valeurs qui, au cours des dernières décennies, ont été radicalement chamboulées, surtout en Occident. Elle se considère surtout comme le dernier verrou d’une forme de société qui peut évoluer certes, mais qui est en pleine expérimentation arbitraire de son devenir. En prenant fait et cause pour les faibles et les petits, le pape François indique sa volonté ferme de retrouver la base de sa communauté ecclésiastique. Cette remise en question est le départ obligé de tout changement; le reste pourrait bien suivre dans le temps. S’il réussit à ouvrir cette fenêtre, peut-être permettra-t-il à ceux qui le suivront dans l’avenir d’en ouvrir d’autres, et même la porte à toute l’humanité.

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