23 septembre 2021
Des chemins inverses et des « hasards intelligents »
Par: Maxime Prévost Durand

Josée Ouimet a dévoilé au début septembre le second tome de sa série Dans le secret des voûtes, intitulé « Les chemins inverses ». Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le destin est une chose fascinante et puissante. Dans le second tome de la saga Dans le secret des voûtes, intitulé « Les chemins inverses », l’auteure Josée Ouimet amène certains personnages à vouloir changer leur destinée, tandis que d’autres seront tout simplement confrontés à ce que l’avenir leur réserve.

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« Il y a des hasards intelligents », avertit la Maskoutaine, avec un clin d’œil en coin, en évoquant l’intrigue de ce nouveau roman historico-romantique.

L’action se transporte maintenant après la Deuxième Guerre mondiale. Les thèmes de la curatelle publique et des allocations familiales teintent la suite de cette saga alors que Monique Lefebvre, qui continue de travailler comme serveuse dans un petit restaurant de Québec, se retrouve avec un enfant sur les bras, celui de sa bonne amie Lucienne, décédée tragiquement. Pour tenir la parole faite à la défunte, dont le mari n’était plus dans les parages, Monique voudra conserver la garde du bambin, même si elle n’est pas mariée.

Sa sœur Solange, entrée chez les Augustines principalement pour pratiquer le métier d’infirmière, verra quant à elle la poursuite de son noviciat être remise en question, surtout à la suite de l’arrivée au couvent d’un jeune médecin avant- gardiste, Hervé Nantel.

Comme dans le tome précédent, l’auteure dédie chaque chapitre à un personnage distinct puisque leurs histoires, bien qu’entremêlées d’une certaine façon, se déroulent en parallèle.

« C’est quelque chose que j’ai essayé cette fois-ci, explique Josée Ouimet à propos de cette approche littéraire. Et [j’ai aussi essayé] de parler des femmes surtout. Les personnages masculins sont plus secondaires. Ils vont alimenter les femmes ou les ramener à un réel plus proche de leur misère. »

L’intrigue se partage par ailleurs entre la ville de Québec et l’Europe, où le prisonnier allemand Jörg Munsen avait été rapatrié à la fin de la guerre. Celui-ci n’a toutefois qu’une chose en tête : revenir au Canada pour s’établir sur cette terre qu’il a tant aimée, mais surtout pour retrouver Solange, cette infirmière dont il s’est épris alors qu’elle veillait sur lui à la suite d’une importante blessure.

« On va suivre son pèlerinage. Il va s’apercevoir que le visage de l’Europe a changé. J’ai aimé le faire marcher en Europe pour essayer de revenir vers le Canada. C’est pour ça que j’ai appelé ce tome “Les chemins inverses” », mentionne l’auteure.

Dans sa croisade, Jörg renouera avec un certain Jean Pouliot, un Québécois qui avait profité du bateau ramenant les prisonniers allemands en Europe pour fuir le pays après avoir trempé dans des histoires de contrebandes qui ont mal tourné.

Derrière lui, il avait laissé sa sœur Lucienne seule, de même que Monique, cette femme qui avait repoussé ses avances malgré les sentiments mitigés qu’elle ressentait envers lui. « Il est parti et il a essayé de trouver quelque chose en Europe, mais le hasard ou le destin fera qu’il sera obligé de revenir », indique Josée Ouimet.

L’auteure revient également sur le trésor de Wawel, joyau polonais qui avait été caché au monastère des Augustines à la fin du premier tome. « Là, les Russes font pression sur les sœurs pour le sortir de là, mais notre cher [Maurice] Duplessis [premier ministre du Québec de l’époque] va faire une entourloupette avec son Walter Duchesnay et on va apprendre que le trésor va aller dans d’autres voûtes », raconte la Maskoutaine à propos de ce segment qui aborde une réalité historique.

Dans le secret des voûtes : les chemins inverses, paru aux éditions Hurtubise, est disponible en librairie depuis le 8 septembre. Le troisième et dernier tome de la saga devrait paraître au printemps.

Une nouvelle aux côtés de grands noms

Dans un tout autre registre, Josée Ouimet s’est jointe à un collectif au sein duquel figurent plusieurs grands auteurs québécois, dans le cadre du recueil de nouvelles D’amour et d’oubli, qui paraît cette semaine chez Guy Saint-Jean Éditeur au profit de la Société Alzheimer de Montréal.

Une trentaine d’auteurs, dont Kim Thúy, Dan Bigras, Ariane Moffatt, Louise Portal, Larry Tremblay et Rose-Aimée Automne T. Morin, ont posé leurs « mots tendres sur l’Alzheimer » pour l’occasion. « Je suis assez honorée de faire partie de ce projet », confie Josée Ouimet, dont la nouvelle « Une petite cantate » a été sélectionnée. Ce court récit raconte l’histoire d’une dame dont les capacités cognitives s’amenuisent, mais qui jouera une dernière fois de son piano, dont les notes résonnent toujours dans sa tête, avant de devoir quitter son logement.

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