17 juin 2021
Centre-ville
Des commerçants réclament la dissolution de la SDC
Par: Jean-Luc Lorry

La Société de développement commercial (SDC) centre-ville ne semble pas faire l’unanimité auprès des commerçants, dont certains proposent sa dissolution. Photothèque | Le Courrier ©

Quatre commerçants du centre-ville ont adressé à la fin mars une missive à la Ville de Saint-Hyacinthe pour contester le fonctionnement de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville et regarder, entre autres, une possible dissolution de l’organisme, a appris LE COURRIER. Le sujet s’est d’ailleurs invité lors de l’assemblée générale des membres de la SDC le 9 juin dernier.

Publicité
Activer le son

Cette lettre, dont nous avons obtenu copie, est signée par Jausée Carrier (Colorada Traiteur), Martine St-Pierre (Brûlerie Mondor), Patrick Roger (photographe) et Richard Marquis (Restaurant L’espiègle).

Mme Carrier, M. Roger et M. Marquis faisaient partie du conseil exécutif du précédent conseil d’administration de la SDC. Ils ont tous démissionné au printemps 2020.

Les quatre signataires demandaient que la Ville envisage une mise sous tutelle de la SDC jusqu’à la tenue d’un vote des membres (environ 250 actuellement) pour adopter de nouveaux règlements généraux.

« Nous croyons que le nouveau CA n’est pas en mesure de prendre les décisions qui s’appliquent à [son] mandat, et ce, selon [ses] propres règlements qu’[il] ne [respecte] pas. [Son] élection n’est pas valide, toujours selon [ses] règlements, et elle devrait être nommée caduque par la Ville. […] Nous aimerions que vous envisagiez la possibilité de prendre en charge la gestion de la SDC, jusqu’à ce qu’une élection valide avec de nouveaux règlements généraux adéquats pour 2021 soit mise en place et votée par les membres en règle », demandent par écrit ces marchands.

« L’abolition complète de la SDC serait aussi une alternative à envisager pour sauver des frais aux membres qui n’en peuvent plus de payer une surtaxe sans aucun service rattaché », considèrent-ils également. Ceux-ci souhaitent ramener l’harmonie dans un centre-ville qu’ils jugent de plus en plus divisé.

L’actuel conseil d’administration de la SDC est composé de six membres, dont le président est Stéphan Rhéaume.

Réponse du maire Corbeil

Le maire de la Ville, Claude Corbeil, a pris la plume pour répondre à la lettre des quatre commerçants. « Si, comme vous le mentionn[ez], votre intention est bel et bien de “rétablir l’harmonie dans le centre-ville”, le conseil municipal vous encourage plutôt à ouvrir le dialogue avec la communauté des commerçants du centre-ville. Un échange entre membres, par le biais d’une assemblée générale de la SDC, nous apparaît être la meilleure démarche à entreprendre dans le contexte actuel », écrit le maire Corbeil, au nom du conseil municipal.

Actuellement, le fonctionnement de la SDC centre-ville est régi par un règlement municipal datant de 1983. Au chapitre concernant la dissolution, il est précisé que celle-ci est décidée « à la majorité simple des voix exprimées lors d’une assemblée générale spéciale convoquée à cette fin, après qu’un avis à cet effet ait été expédié à chacun des membres de la SDC au moins 30 jours avant la tenue de l’assemblée ».

Selon la direction de la SDC, le règlement mentionné est encore d’actualité, mais il faut se référer à la Loi sur les cités et villes qui le complète. Cette Loi stipule que « le conseil [municipal] peut, par règlement, prévoir des dispositions concernant les formalités à suivre pour demander la formation d’une société, sa composition, les responsabilités respectives de l’assemblée générale des membres et du conseil d’administration, et toute matière reliée à son organisation, son fonctionnement et sa dissolution ».

Lors de l’assemblée générale de la SDC du 9 juin, Patrick Roger avait demandé que soit ajouté un point à l’ordre du jour pour demander la tenue d’un référendum soumis à tous les membres, en vue d’une dissolution de la SDC d’ici la fin de l’année.

« Je crois à une SDC. Il y a des procédures à suivre pour dissoudre une SDC. Allez voir la greffière de la Ville et allez chercher des signatures pour tenir une assemblée générale », lui a répondu du tac au tac Stéphan Rhéaume.

« J’ai voulu tâter le terrain avec mon idée du référendum. Deux commerçants présents sont intervenus pour signifier leur opposition. Peu importe ce qui arrive au centre-ville, je vais continuer à payer ma cotisation et je ne déménagerai pas mon commerce », indique Patrick Roger, en entretien téléphonique au COURRIER.

M. Roger a été membre du conseil d’administration de la SDC centre-ville pendant trois ans et Jausée Carrier a même présidé l’organisme pendant deux ans. Elle avait démissionné de son poste prétextant que cet engagement devenait pour elle de plus en plus prenant. L’organisme était alors plongé en pleine controverse liée à la piétonnisation de la rue des Cascades.

Mme Carrier a accepté de joindre le conseil d’administration de l’organisme Saint-Hyacinthe Technopole il y a quelques semaines, où elle occupe la vice- présidence.

image