26 août 2021
En vigueur dès le 1er septembre
Des entrepreneurs divisés sur le passeport vaccinal
Par: Jean-Luc Lorry

Chez Énergie Cardio, il faudra présenter son passeport vaccinal pour venir s’entraîner. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Propriétaire du restaurant-bar Le White Rabbit à Saint-Hyacinthe, Abbas Sharif n’est pas favorable à l’implantation du passeport vaccinal qui représente, à ses yeux, une barrière pour sa clientèle habituelle. Photo François Larivière | Le Courrier ©

À partir du mercredi 1er septembre, il faudra présenter un passeport vaccinal pour entrer dans les bars, les restaurants et les gyms ainsi que pour profiter d’activités regroupant un grand nombre de personnes comme les festivals. Avec l’entrée en vigueur imminente de cette nouvelle réglementation, LE COURRIER a voulu prendre le pouls en sol maskoutain.

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Propriétaire du restaurant-bar Le White Rabbit à Saint-Hyacinthe, Abbas Sharif n’est pas favorable à l’implantation d’un laissez-passer qui pourrait nuire à la bonne santé financière de son établissement. « L’impact du passeport vaccinal sera négatif sur ma clientèle. Il va falloir qu’un de mes employés valide les passeports des clients avant qu’ils entrent dans mon établissement. Ce n’est pas mon travail de faire ça. Je suis un restaurateur, pas un policier », indique M. Sharif, en entrevue au COURRIER.

« Cette mesure va nous mettre des bâtons dans les roues. Je reçois des appels pour savoir comment le tout va fonctionner. Ce sera difficile à contrôler. Mon but est de remplir mon commerce », souligne-t-il.

De plus, celui-ci ne veut pas contraindre certains de ses 35 employés à se faire vacciner. « Certains ne veulent pas être vaccinés », mentionne le restaurateur installé sur la rue Picard.

Chez Énergie Cardio, un important réseau de franchises dans le secteur du conditionnement physique ayant un pied-à-terre à Saint-Hyacinthe, la mise en place du passeport vaccinal est vue d’un bon œil. « Nous accueillons cette nouvelle mesure favorablement puisque nous avons eu la promesse du gouvernement de garder notre industrie ouverte. La santé physique et mentale est importante. Nous l’avons vu depuis le début de la crise sanitaire. Notre préoccupation est de faire bouger un maximum de gens », mentionne Claire Tremblay, présidente de la bannière Énergie Cardio, lors d’un entretien téléphonique.

Mme Tremblay est propriétaire de huit centres de conditionnement physique Énergie Cardio, dont celui de Saint- Hyacinthe, qui fut sa première acquisition.

« Il manque encore des morceaux au casse-tête. Nous voulons faciliter l’utilisation du passeport vaccinal autant pour nos employés que pour la clientèle », note la dirigeante. Claire Tremblay rappelle que son entreprise a fait preuve de beaucoup de créativité depuis le printemps 2020. « Nous avons une brochette de services pour accommoder tout le monde comme les entraînements à l’extérieur ou les entraînements virtuels à la maison. »

La bannière Énergie Cardio regroupe 27 centres au Québec et de nouvelles ouvertures sont prévues.

Défi à Expo-Champs

L’application du passeport vaccinal sur le terrain va représenter une autre gymnastique pour les organisateurs d’Expo-Champs. Ce grand salon agricole à ciel ouvert se tiendra les 31 août, 1er et 2 septembre à Saint-Liboire. Les personnes qui ne seront pas doublement vaccinées ne pourront donc accéder au site qu’une seule journée sur les trois.

« Nous allons nous conformer aux mesures imposées par la santé publique. Nous tenons pour acquis que notre clientèle est majoritairement vaccinée », indique Gaston Doré, directeur communications et commercialisation de GoXpo, un organisme responsable de l’organisation de l’ensemble des activités présentées annuellement par la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe, dont Expo-Champs.

M. Doré précise que les employés et les exposants d’Expo-Champs ne sont pas tenus de détenir un passeport vaccinal.

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