28 avril 2016
Des femmes de tête, de coeur et de volonté
Par: Le Courrier
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À 15 ans, on se moquait bien de cette devise, de ces belles paroles qu’on croyait préfabriquées pour charmer la clientèle. À 15 ans, on ne réalisait pas que des années plus tard, ces mêmes belles paroles prendraient tout leur sens. C’est lorsque je vois aujourd’hui mes anciennes camarades de classe devenues des femmes confiantes et courageuses que je constate à quel point cette devise est importante.

Le Collège Saint-Maurice est bien plus qu’une école. C’est une famille où les enseignants considèrent leurs élèves comme leurs propres filles. C’est un lieu où l’on nous apprend l’entraide, la solidarité et l’altruisme. C’est aussi un lieu où l’on ­apprend aux filles que le mot féminité rime avec opportunités, que le fait de porter une jupe ne devrait jamais empêcher ­quiconque de devenir pompière, ­policière, femme d’affaires ou plombière.

J’espère que son administration a raison, elle qui semble croire qu’en 2016, ces enseignements sont désuets. J’espère moi aussi que l’époque où les femmes et les hommes étaient inégaux est révolue.

Pourtant, en 2016, j’entends encore des gens dire que pour une femme, se présenter en entrevue d’embauche avec une ­petite jupe et un joli sourire vaut mieux qu’une maîtrise ou qu’un doctorat. En 2016, je vois encore des femmes se faire dire qu’elles sont elles-mêmes responsables du viol qu’elles ont subi. En 2016, j’entends encore des ­personnalités ­publiques et des ministres de la Condition féminine dénigrer le mot « féminisme ». En 2016, donc, il reste encore beaucoup de chemin à faire.

Alors quand j’entends l’administration du Collège Saint-Maurice affirmer qu’il est temps de se « tourner vers l’avenir », je ne peux m’empêcher de trouver cela ironique. Car se tourner vers l’avenir, c’est de continuer à former des femmes de tête, de coeur et de volonté qui se battront pour leurs acquis.

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