13 novembre 2014
Horodateurs, compensations, pléniers
Des questions qui divisent le conseil
Par: Benoit Lapierre
Les opinions divergent sur les sujets de l’heure au conseil municipal de Saint-Hyacinthe.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les opinions divergent sur les sujets de l’heure au conseil municipal de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le conseil municipal de Saint-Hyacinthe termine l’année 2014 en brassant quelques dossiers chauds autour desquels le maire Claude Corbeil n’a pu faire l’unanimité.

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L’un de ces sujets explosifs est sans contredit la phase II d’implantation des horodateurs au centre-ville et dans le secteur nord, où les commerçants de la rue Sainte-Anne sont carrément en guerre contre le projet.

Ces opposants peuvent compter sur l’appui des conseillers Nicole Dion-Audette, David Bousquet et Sylvie Adam. Tous trois auraient souhaité que la Ville prenne une pause avant d’ajouter des parcomètres, afin de poursuivre l’analyse du dossier. « J’ai l’impression qu’on va trop vite », estime David Bousquet, qui craint que les horodateurs ne soient pas rentables.

À l’inverse, Johanne Delage, Donald Côté, Alain Leclerc et Brigitte Sansoucy sont tout à fait d’accord pour que Saint-Hyacinthe passe à l’ère des horodateurs et qu’elle le fasse selon le plan prévu. « Je n’ai aucun problème avec ça », soutient le conseiller Leclerc, une position ferme que rejoint sa collègue Delage. « Je suis entièrement d’accord. On a beau parler d’équité, à un moment donné, il faut bouger, et on était dû pour ce changement. »

Mme Delage se dit toutefois ouverte à quelques « accommodements raisonnables », ce qui est aussi la position d’André Beauregard, Sylvain Savoie, Jacques Denis et, sans doute aussi, de Bernard Barré. « On en discute chaque fois qu’on se voit », confirme-t-il.

Le score sur cette question : huit pour, trois contre.

Taxe compensatoire

Un certain malaise règne aussi au conseil dans le dossier de la fameuse taxe compensatoire que la Ville continue d’imposer aux organismes sans but lucratif (OSBL) exemptés de la taxe foncière sur les immeubles qu’ils possèdent.

Les élus ont été interpellés sur cette question par la directrice générale de la Corporation de développement communautaire des Maskoutains, Chantal Goulet, et son intervention au nom d’une vingtaine d’OSBL a créé des vagues. David Bousquet, Bernard Barré, André Beauregard et Brigitte Sansoucy sont d’avis que cette taxe compensatoire pour services municipaux doit être abolie. Le conseiller Bousquet fait aussi remarquer que les OSBL ont toujours été traités injustement du fait que le taux de la taxe compensatoire – 60 cents par tranche de 100 $ d’évaluation – n’a jamais été ajusté à la baisse alors que la valeur des immeubles visés a beaucoup augmenté au fil des ans.

Les autres conseillers – Sylvie Adam, Nicole Dion-Audette, Johanne Delage, Donald Côté, Jacques Denis, Sylvain Savoie et Alain Leclerc – se sont prononcés en faveur du statu quo pour 2015, mais tous demandent que l’ensemble du « dossier OSBL » soit réexaminé en profondeur en cours d’année. Personne, semble-t-il, n’arrive à se forger une vision d’ensemble de la relation financière que la Ville entretient avec ses OSBL – taxes, subventions, formes diverses de financement – et tous souhaitent une remise en ordre du dossier.

Le score sur la compensation 2015 : sept pour, quatre contre.

Plénières publiques?

LE COURRIER a soumis une dernière question aux conseillers : les réunions plénières du conseil ne devraient-elles pas devenir publiques? Près de la moitié d’entre eux croient que oui, bien que tous s’entendent pour dire que les questions nécessitant la confidentialité seront toujours traitées à huis clos.

« C’est moi qui ai amené ça il y a 20 ans : j’ai toujours souhaité que les pléniers soient publics. Comme ça, les gens verraient comment on traite les dossiers et ce serait beaucoup plus intéressant. Les séances publiques actuelles, c’est plate à mourir », a commenté Bernard Barré.

Comme lui, André Beauregard, Johanne Delage, Brigitte Sansoucy et Alain Leclerc n’auraient pas objection à ouvrir les comités pléniers au public. David Bousquet, lui, tolérerait la présence de journalistes, mais n’irait pas beaucoup plus loin. Il rappelle que rien n’empêche un conseiller de dire ce qu’il pense aux séances publiques, comme il le fait lui-même.

Donald Côté, lui, serait partant pour un projet pilote. Quant à Sylvie Adam, elle a expliqué qu’elle n’avait pas encore réfléchi à la question. « Peut-être que je n’aurais aucun problème avec ça », dit-elle.

Mais pour Nicole Dion-Audette, Sylvain Savoie et Jacques Denis, les plénières publiques, c’est non.

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