1 décembre 2011
Desjardins : enquête bâclée
Par: Martin Bourassa

L’an dernier, la Caisse Desjardins de Saint-Hyacinthe a soulevé un tollé en annonçant qu’elle mettait fin au service de caissiers mobiles dans les résidences de personnes âgées de Saint-Hyacinthe. Elle invoquait des raisons de sécurité, principalement. D’autres caisses au Québec ont fait de même.

L’an dernier, la Caisse Desjardins de Saint-Hyacinthe a soulevé un tollé en annonçant qu’elle mettait fin au service de caissiers mobiles dans les résidences de personnes âgées de Saint-Hyacinthe. Elle invoquait des raisons de sécurité, principalement. D’autres caisses au Québec ont fait de même.

Un an plus tard, notre caisse locale serait sur le point de relancer ce service avec quelques améliorations. Il faudra voir lesquelles et espérer que la sécurité soit assurée autant pour le personnel que la clientèle. Oui la clientèle.La semaine dernière, je suis tombé sur un jugement de la Cour supérieure du Québec rendu le 14 novembre dans une cause impliquant justement le service de caissiers mobiles de la Caisse Desjardins de Ville-Émard. Un jugement-choc.Un certain Gilles Patenaude avait découvert des transactions douteuses dans le compte de son frère Jean-Guy, décédé après quelques années passées à la résidence du Mont-Carmel à Montréal, où un service de caissières externes était offert le jeudi.Parmi une liste de transactions suspectes échelonnées entre mai 2004 et janvier 2005, figurait entre autres un retrait de 1250 $ alors que le titulaire du compte était hospitalisé et incapable de voir à ses affaires. Une plainte a été faite auprès de l’Ombudsman du Mouvement Desjardins et la Fédération des caisses a dépêché un enquêteur.Au terme d’une enquête échelonnée de janvier 2006 à janvier 2009, la Caisse a fermé le dossier sans y donner suite. Une poursuite a suivi en octobre 2008 par laquelle M. Patenaude réclamerait le remboursement d’une somme de 21 500 $ retirée frauduleusement du compte de son frère et des dommages exemplaires.Les révélations contenues dans le jugement donnent envie de hurler.« Enquête bâclée étirée sur trois ans, affirmation mensongère d’une directrice des opérations qui affirme avoir vérifié les comptes de la caissière en cause et n’y avoir trouvé aucun dépôt laissant soupçonner qu’elle aurait détourné des sommes illégales. » Or, il a été démontré au cours du procès que cette caissière avait effectué des dépôts en espèces totalisant 33 610 $ dans son propre compte entre mai 2004 et janvier 2005, alors qu’elle ne touchait qu’un salaire de 300 $ par semaine!Le juge Robert Castiglio a condamné la Caisse Desjardins de Ville-Émard à rembourser les 21 500 $ avec intérêts, une somme à laquelle s’ajoutent une indemnité de 50 000 $ à titre de dommages et intérêts exemplaires et 88 271 $ en honoraires extrajudiciaires et 11 626 $ en frais d’expert. L’employée visée a pour sa part été congédiée en novembre 2008 en raison d’une absence pour maladie non motivée.Il s’agit peut-être d’un cas isolé, mais d’un cas qui fait certes réfléchir sur le service de caissiers mobiles et sur les enquêtes internes de Desjardins.

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