4 juin 2015
Décès de Jacques Parizeau
Deux anciens députés de Saint-Hyacinthe se souviennent
Par: Jennifer Blanchette
« Si j’ai choisi d’étudier en sciences économiques à l’université, c’est à cause de M. Parizeau », a soutenu Yvan Loubier, ancien député bloquiste de Saint-Hyacinthe.  Photothèque | Le Courrier ©

« Si j’ai choisi d’étudier en sciences économiques à l’université, c’est à cause de M. Parizeau », a soutenu Yvan Loubier, ancien député bloquiste de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

Léandre Dion, élu député du Parti ­québécois à Saint-Hyacinthe sous Jacques Parizeau, et Yvan Loubier, ­ancien député bloquiste du comté, ont bien connu « Monsieur » et c’est avec une pluie d’éloges qu’ils ont qualifié le parcours de cet homme qui a marqué la politique québécoise.

« M. Parizeau, c’était une personne ­extraordinaire. Il m’impressionnait beaucoup. C’était définitivement un homme de grande envergure », souligne d’entrée de jeu l’ancien député péquiste Léandre Dion, joint à son domicile au ­lendemain du décès de l’ancien premier ministre.

Les deux hommes se sont connus au cours de la campagne électorale de 1994, alors que Léandre Dion tentait de ­ramener le comté de Saint-Hyacinthe sous la bannière péquiste, après neuf ­années de domination libérale.

« Il parlait toujours de choses ­importantes et moi, c’est pour cela que j’allais en politique. Je voulais changer les choses, améliorer le Québec et réaliser la souveraineté », se souvient M. Dion.

Il ne pouvait avoir meilleur modèle que Jacques Parizeau, qui a délaissé l’héritage familial d’une importante compagnie d’assurance pour se consacrer ­pleinement à son rêve d’indépendance. « Parizeau a tout sacrifié pour la souveraineté du Québec », affirme celui qui a été député provincial de 1994 à 2007.

Léandre Dion parle du défunt comme étant un homme d’une rectitude absolue, honnête et profondément bon. « C’est certainement le ministre des Finances qui a le plus contribué à l’avancement des mesures sociales, et ce, même s’il venait d’une famille fortunée d’Outremont. »

Le Maskoutain se remémore également un Jacques Parizeau intransigeant, « qui savait où il s’en allait et ça paraissait! »

Les deux hommes s’étaient revus en 2009 au Salon du livre de Montréal, alors qu’ils lançaient chacun un ouvrage. « C’est très triste de le voir partir avant qu’il ait eu le temps de voir le Québec devenir un pays », note avec regret Léandre Dion.

« On n’en fait plus des comme lui »

Jacques Parizeau et Yvan Loubier, ­député bloquiste à Saint-Hyacinthe de 1993 à 2007, entretenaient un lien de longue date. Ils s’étaient rencontrés en 1986, alors que Parizeau était ­enseignant à HEC Montréal et Loubier économiste à l’UPA. À l’époque, les deux hommes cassaient régulièrement la croûte ensemble.

« Je suis triste ce matin. Jacques Parizeau est le 2e plus grand après René Lévesque. Je garde d’excellents souvenirs de lui. Ce n’était peut-être pas le plus chaleureux, mais il était respecté. On n’en fait plus des comme lui », indique Yvan Loubier.

Il révèle que c’est à cause de cet ancien ministre des Finances qu’il a choisi ­d’étudier en sciences économiques au ­cégep et à l’université. Après avoir regardé la diffusion du budget Parizeau, en 1977, ­Loubier avoue avoir été captivé par l’homme. « Même pour un économiste, les budgets sont parfois un peu barbants. Pourtant, ­Parizeau savait captiver son auditoire! »

L’héritage souverainiste de Parizeau est immense et Yvan Loubier n’a pas ­manqué de le reconnaître. « Avant de nous quitter, il a regardé ce qu’il avait­ ­accompli et, malgré son échec en 1995, il a fondé les assises du Québec. Je me ­souviendrai toujours du dévouement de ce grand homme. »

En novembre 2000, Jacques Parizeau était venu à Saint-Hyacinthe afin ­d’appuyer la campagne électorale ­fédérale de M. Loubier.

image