20 juin 2019
Carte blanche
Deux bâillons pour rien?
Par: Pierre Bornais
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Au niveau politique, l’utilisation du bâillon par le gouvernement pour adopter un texte législatif n’est pas monnaie courante, mais ce n’est pas une première. D’entrée de jeu, force est de reconnaître qu’il constitue une limitation au processus démocratique voulant qu’un sujet important soit débattu sous toutes ses coutures.

Cependant, il peut arriver que les circonstances soient de nature à imposer une certaine limite quand on l’utilise comme artifice pour ralentir ou bloquer l’action du gouvernement. De toute évidence, c’est ce qui s’est produit avec le Projet de loi sur la laïcité, alors qu’il faisait partie intégrante du projet électoral de la CAQ.

Pour des raisons différentes, certaines formations politiques y ont vu le moyen de bloquer l’action du gouvernement en place qui en est à sa première année au pouvoir. Le Parti libéral, par exemple, est demeuré inactif dans le dossier durant une décennie.

Cela est plus évident dans le dossier sur la laïcité de l’État, permettant d’accroître si possible la confusion entre la religion et le port de signes religieux. La liberté de pratiquer le culte de son choix reste totale, quoi que puissent en dire certains opposants qui n’hésitent pas à parler même de racisme.

Les restrictions concernent ceux et celles qui sont en autorité et représentent l’État, ce qui indispose certainement les croyants tenus au prosélytisme. La situation est moins claire toutefois dans le dossier de l’immigration. Est-il indispensable de détruire 12 000 dossiers inscrits et de repartir la démarche à zéro, même au prétexte d’ajuster le tout aux besoins de main-d’œuvre sur le territoire?

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