13 août 2015
Deux Maskoutaines périssent dans un accident de taxi au Guatemala
Par: Jennifer Blanchette
Les fillettes du couple, Rafaëla, 7 ans, et Maélie, 6 ans, qui posent en compagnie d’Evelyne Chagnon, ont été blessées dans l’accident, mais devaient revenir au Québec mardi avec leur grand-père. Photo courtoisie Alexandre Marin

Les fillettes du couple, Rafaëla, 7 ans, et Maélie, 6 ans, qui posent en compagnie d’Evelyne Chagnon, ont été blessées dans l’accident, mais devaient revenir au Québec mardi avec leur grand-père. Photo courtoisie Alexandre Marin

La communauté maskoutaine est en deuil depuis la semaine dernière lorsque l’enseignante de la Polyvalente-Hyacinthe-Delorme (PHD), Evelyne Chagnon, et sa mère, Esthela Urrea, ont péri dans un tragique accident de moto-taxi survenu au Guatemala.

Publicité
Activer le son

Le « tuk-tuk », à bord duquel se trouvaient également les deux fillettes de Mme Chagnon et son père, aurait chuté au fond d’un ravin de la ville de San Antonio Palopó en raison d’un problème relié au système de freinage du véhicule.

« Ils revenaient du cimetière où sont enterrées la tante et la grand-mère d’Evelyne. La moto-taxi a manqué de freins dans une côte et le conducteur a été incapable de négocier la courbe correctement. Ils sont tombés dans le ravin », a raconté Alexandre Marin, le conjoint d’Evelyne Chagnon, la voix nouée par l’émotion. Il n’avait pas pris part au voyage.

Enseignant en éducation physique à l’école Fadette, M. Marin a indiqué que ses filles Rafaëla, 7 ans et Maélie, 6 ans, ainsi que son beau-père, Alain Chagnon, devaient revenir au Québec, mardi dernier, par vol médical.

« Au début, tu te demandes si tout cela est vrai. L’ambassade du Canada avait laissé un message à la maison pour que je les rappelle et entre temps, les policiers sont arrivés ici pour me l’annoncer », a laissé tomber M. Marin, originaire d’Acton Vale.

Les procédures pour ramener au Québec la dépouille d’Evelyne Chagnon, âgée de 40 ans, sont entamées. « Je veux la voir », a soufflé son conjoint. Quant à Esthela Urrea, elle sera enterrée au Guatemala.

Une femme souriante et attentionnée

Evelyne Chagnon et sa mère étaient originaires du Guatemala, mais vivaient au Québec depuis plus de 30 ans. Selon Alexandre Marin, cela faisait une dizaine d’années que sa conjointe, avec qui il résidait à Saint-Hyacinthe, n’était pas retournée dans son pays natal.

Le décès soudain de l’enseignante d’espagnol à la PHD depuis quinze ans a soulevé une vague de compassion auprès des Maskoutains.

« C’était une personne à l’écoute, aimée de tous, passionnée par son travail. Elle disait toujours bonjour à tout le monde. Elle avait un grand sentiment d’appartenance envers la PHD. Evelyne, c’était une source de motivation pour les jeunes, car l’apprentissage passe par les relations humaines et elle était une prof complète avec un rapport à la vie très positif », a souligné la nouvelle directrice de la PHD, Nancy Prévéreault, en poste depuis le 27 juillet.

En plus de sa tâche de professeure, Evelyne Chagnon était très impliquée auprès des élèves immigrants de l’école et elle agissait à titre d’enseignante ressource pour le corps professoral, a indiqué Mme Prévéreault.

Bon nombre d’étudiants et d’amis qui ont eu la chance de côtoyer Evelyne Chagnon ont déploré son départ sur les réseaux sociaux.

« Evelyne, c’était la femme parfaite, a résumé Alexandre Marin. Elle était toujours là pour les autres. »

Il a ajouté que sa belle-mère, de qui il garde un souvenir chaleureux, travaillait depuis plusieurs années à l’entrepôt de la boutique Strauss, au centre-ville de Saint-Hyacinthe.

image