15 septembre 2011
En 1911, le Séminaire fêtait ses cent ans (1)
Par: Le Courrier
Arrivée des dignitaires, dont le lieutenant-gouverneur du Québec Sir François Langelier, lors des fêtes du centenaire du Séminaire de Saint-Hyacinthe le 20 juin 1911 (Archives CHSH).

Arrivée des dignitaires, dont le lieutenant-gouverneur du Québec Sir François Langelier, lors des fêtes du centenaire du Séminaire de Saint-Hyacinthe le 20 juin 1911 (Archives CHSH).

Trois journées de célébration

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Trois journées de célébration

Les 20, 21 et 22 juin 1911 furent les dates choisies par les organisateurs, de concert avec les autorités du Séminaire, pour célébrer le centenaire de cette vénérable institution.

Le programme élaboré par le Comité des fêtes comprenait des réceptions, des allocutions par les Anciens, des veillées de groupes, des messes avec sermons appropriés, des banquets avec discours, des illuminations et feux d’artifice, des concerts de musique et de chant, la distribution des prix de fin d’année, des parades en ville avec la fanfare pour accompagner l’arrivée et le départ par train des invités d’honneur. Pour le gîte et la nourriture, il fallait prévoir de dresser 800 lits et monter une tente capable de recevoir plus de mille convives. Dans son Histoire du Séminaire de Saint-Hyacinthe, tome 2, 1912, Mgr Charles-Philippe Choquette, alors Supérieur du Séminaire, fait un récit détaillé des fêtes du Centenaire. Les lignes qui suivent sont tirées de cet ouvrage.

1500 anciens se présentent à la fête

Sur les quelque 3 000 anciens vivants, environ 1 500 d’entre eux se rendirent au Séminaire pour participer aux trois jours de célébration. Ceux venant de l’extérieur de Saint-Hyacinthe arrivèrent au cours de l’après-midi du 20 juin par des trains provenant de Montréal, Québec et Sherbrooke.

L’arrivée du lieutenant-gouverneur du Québec, Sir François Langelier, ancien du cours 1851-1858, fut particulièrement acclamée. Il était accompagné de l’archevêque de Québec, du sénateur Choquette, de l’honorable P.B. de LaBruère et de quelques autres personnages connus de l’époque. Un cortège quasi-royal se forma avec musique en tête pour accompagner la voiture du lieutenant-gouverneur. Escortée par le corps de cadets, raconte Mgr Choquette, « la voiture passa par les rues Laframboise et Girouard et s’achemina vers le Séminaire. Le défilé s’étendait sur un parcours ininterrompu de plus de mille verges. À l’entrée des jardins du Séminaire, un arc de triomphe proclamait la bienvenue aux visiteurs et ouvrait au cortège ses arceaux festonnés ». Puis, la façade de la vieille maison se présentait avec un luxe de banderoles, de lignes d’ampoules électriques, de drapeaux du Pape, du Roi et, sur les tourelles latérales, des drapeaux canadien, français, américain et irlandais. Le Supérieur, Mgr Charles-Philippe Choquette, était sur le portique pour recevoir l’illustre visiteur et sa suite. Après les salutations d’usage et une visite à l’intérieur de la maison, les dignitaires et les quelque 900 personnes déjà sur place se dirigèrent vers « une haute pyramide blanche se dressant à l’ouest » comme le rapporte la chronique des fêtes. C’était la tente-réfectoire déjà prête pour le souper. Une deuxième pyramide, plus petite, était accolée à la première, tout près de l’entrée de celle-ci. C’était la cuisine où oeuvrait une troupe de jeunes filles et plusieurs religieuses qui coordonnaient le mouvement. À l’intérieur de la tente, le service était fait par des étudiants en uniforme. Le repas terminé, les anciens poursuivent leurs conversations en circulant dans les allées du jardin de la façade. Puis, le groupe se rend à la salle académique située au rez-de-chaussée de la nouvelle construction appelée Aile du Centenaire dont les trois étages supérieurs étaient occupés par les dortoirs. Dans un premier temps, l’on procède à la bénédiction du nouvel édifice : « Mgr Paul LaRocque verse l’eau sainte dans la direction des quatre angles de la salle, puis il sort accompagné du Supérieur et de MM. Proulx et Lescault pour répandre ses bénédictions et ses prières dans toutes les pièces, étage par étage ». Une fois l’évêque de retour, l’élève finissant Honoré Lefebvre présente au nom de ses condisciples la bienvenue aux anciens. Suivent les discours dont celui du lieutenant-gouverneur, Sir François Langelier, qui rappelle ses premières années dans le premier collège, en 1851 : « Ce n’était point l’édifice imposant dans lequel on est réuni en ce moment, disait-il; c’était un bâtiment à deux étages construits en moellons, sur l’emplacement actuel de l’évêché, mais beaucoup plus rapproché de la rue que ce dernier édifice ». Au langage parlé s’ajoute la mélodie d’une cantate, rapporte la chronique. Ce chant « écrit par l’élève finissant, Louis-Joseph Chagnon, mise en note par un jeune ancien, Oscar Fontaine, organiste à New-Bedford et adapté à la grande voix de ténor d’un autre ancien, encore jeune, Paul Dufault » comprenait un refrain entraînant que les générations suivantes d’étudiants ont continué de fredonner : Vive Saint-Hyacinthe Et ses jolis bosquets, la, la, Vive Saint-Hyacinthe Et ses jolis bosquets, la, la, Et ses jolis bosquets Tout frais! Vive Saint-Hyacinthe!

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