9 avril 2020
Encore de l’action à la Faculté de médecine vétérinaire
Par: Rémi Léonard

La doyenne de la Faculté de médecine vétérinaire, Dre Christine Theoret. Photothèque | Le Courrier ©

Même si tous les campus du Québec sont présentement fermés, certaines institutions d’enseignement poursuivent néanmoins leurs activités essentielles. À Saint-Hyacinthe, c’est le cas de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal, qui demeure plus active qu’on pourrait le croire.

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Certains services ne peuvent en effet cesser du jour au lendemain, qu’on pense en premier lieu au Centre hospitalier universitaire vétérinaire, qui demeure essentiel. Depuis la mise en place des mesures gouvernementales pour faire face à la COVID-19, on est néanmoins passé en « mode urgence », a expliqué en entrevue au COURRIER la doyenne de la Faculté, Dre Christine Theoret. Toutes les « procédures non urgentes » sont reportées et un triage est mis en place pour s’assurer de traiter uniquement les cas réellement nécessaires, a-t-elle décrit. L’établissement continuera évidemment de s’occuper des animaux déjà admis.

Dans ces conditions, l’enjeu principal pour la FMV est d’assurer la santé et la sécurité de son personnel, a assuré la doyenne. Autant que possible, le télétravail devient également la solution de rechange pour « tout ce qui peut être fait de la maison », a-t-elle indiqué.

Quant aux activités d’enseignement qui étaient à l’arrêt, la reprise partielle a eu lieu le 23 mars, a informé la Dre Theoret, principalement pour les enseignements théoriques. C’est évidemment plus compliqué pour les cours pratiques et les stages, ce qui complique la situation des finissants de cinquième année, a soulevé la doyenne, qui s’inquiétait que la situation actuelle puisse retarder l’arrivée sur le marché du travail des futurs vétérinaires. Pour l’heure, tous ignorent combien de temps durera encore cette crise, mais elle a déjà indiqué tout faire pour « trouver les meilleures solutions possibles pour nos étudiants finissants qui doivent réaliser une formation clinique ».

La recherche essentielle

Nos lecteurs se rappellent peut-être du travail des virologistes de la FMV, présenté dans nos pages il y a quelques semaines, au moment où le coronavirus venait d’être qualifié de « pandémie » par l’Organisation mondiale de la Santé. Sachez qu’ils poursuivent eux aussi leur travail malgré le contexte actuel, a assuré Dre Theoret. « Nous jouons un rôle essentiel dans le dépistage des maladies qui se transmettent de l’animal à l’homme », avait alors indiqué au COURRIER le professeur Sylvain Quessy, du département de pathologie et de microbiologie de la FMV. Le nouveau coronavirus a effectivement une origine animale, tout comme le SRAS ou le H1N1 par ailleurs, d’où l’importance du travail de ces chercheurs dans la compréhension de la pandémie actuelle, mais aussi de celles à venir.

Une autre représentante de la FMV, la Dre Hélène Carabin, fait par ailleurs partie d’une équipe de chercheurs qui vient d’obtenir des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada pour diriger des travaux qui porteront spécifiquement sur la gestion mondiale de la COVID-19, a aussi mis en lumière la Dre Theoret. Leur recherche se penche sur « la mise en œuvre de l’approche Un monde, une santé, selon laquelle plusieurs secteurs communiquent et collaborent en vue d’améliorer les résultats en matière de santé publique, une vision chère à l’Université de Montréal », a indiqué la Faculté dans une publication sur sa page Facebook.

En regard de ces différentes actions, il est clair pour Christine Theoret que la Faculté « fait [sa] part » dans la situation actuelle et que la profession vétérinaire peut apporter « des solutions à cette crise sanitaire », a-t-elle assuré. La doyenne se réjouit également de constater une belle solidarité sur le terrain. « Nos gens s’épaulent pour faire fonctionner les activités essentielles », a-t-elle en effet rapporté.

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