12 décembre 2019
Restrictions à la distribution du Publisac
Entre 100 et 300 emplois en jeu à Saint-Hyacinthe
Par: Martin Bourassa

Plus de 8 millions de circulaires sont imprimées chaque jour dans les installations de l’imprimerie maskoutaine. Fondée en 1976 et acquise par Transcontinental trois ans plus tard, elle a servi de rampe de lancement à l’imprimeur. Photothèque | Le Courrier ©

Si la Ville de Montréal donne suite à l’idée de modifier la distribution des circulaires délivrées à domicile par l’intermédiaire du Publisac, cela risque de se traduire par la perte de milliers d’emplois, dont une centaine à Saint-Hyacinthe. Et si jamais ce mouvement s’étend à l’extérieur de la métropole, ce sont les quelque 290 salariés de l’imprimerie Transcontinental du boulevard Choquette qui risquent d’écoper.

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C’est ni plus ni moins l’avenir de l’imprimerie Transcontinental de Saint-Hyacinthe et de son personnel qui se joue à l’heure actuelle dans le dossier du Publisac puisque celle-ci est dédiée à l’impression de circulaires.

Selon les informations obtenues par LE COURRIER, voilà d’ailleurs l’essentiel du message que la présidente du conseil de Transcontinental, Isabelle Marcoux, a livré à la députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, mercredi avant-midi, lors d’une rencontre privée tenue à Saint-Hyacinthe. La fermeture de l’usine maskoutaine ne semble pas être une menace à peine voilée, mais une évidence dans le contexte actuel, selon ce qui a été rapporté au terme de cette rencontre.

La décision d’interpeler ainsi les députés provinciaux suggère que TC Transcontinental souhaiterait que le gouvernement Legault légifère sur la question plutôt que de laisser le soin aux Municipalités de le faire à la pièce, comme s’apprêterait à le faire la Ville de Montréal. Lundi dernier, Isabelle Marcoux avait participé à une conférence de presse à Montréal en compagnie de représentants du milieu syndical et de groupes médiatiques, dont Hebdos Québec, pour dénoncer une orientation d’une commission montréalaise.

À la suite d’une consultation menée ces dernières semaines, la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs de Montréal a recommandé que les circulaires soient distribuées seulement à ceux qui le souhaitent et non de façon systémique comme c’est le cas à l’heure actuelle sur l’île de Montréal. Les opposants au système actuel font entre autres valoir des considérations environnementales pour réclamer de tels changements.

Mme Marcoux et ses alliés estiment que cette recommandation visant le Publisac est au contraire « insensible, incohérente et impraticable » en plus d’avantager Postes Canada puisque la société d’État, un autre gros joueur de la distribution de circulaires, ne serait pas forcément soumise aux mêmes contraintes.

Et puisqu’une centaine d’hebdomadaires de quartiers ou régionaux comptent actuellement sur le Publisac pour assurer leur distribution à meilleur coût, dont Le Clairon de Saint-Hyacinthe, les groupes de presse et les syndicats représentant les professionnels de l’information redoutent également les dommages collatéraux que pourrait entraîner tout changement majeur dans l’écosystème du Publisac.

Il en va de la survie même de plusieurs publications et de nombreux emplois de journalistes sont menacés, ce qui mine directement le rôle démocratique joué par l’information locale, plaide entre autres la coalition formée de syndicats, de médias et d’élus qui réclame le statu quo autour du Publisac.

« Le Publisac est irremplaçable à l’heure actuelle pour les ménages, les journaux locaux et les commerçants qui l’utilisent, en plus d’être générateur de milliers d’emplois directs et indirects au Québec. Ils reconnaissent l’importance de la transition écologique et sont d’avis que le Publisac est un produit géré de façon responsable. »

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