19 juillet 2012
Charles Saint-Germain aux Jeux du Québec
Espoir, confiance et fierté
Par: Le Courrier
Charles Saint-Germain, 14 ans, aura la chance de participer à ses premiers Jeux du Québec dans quelques jours.

Charles Saint-Germain, 14 ans, aura la chance de participer à ses premiers Jeux du Québec dans quelques jours.

Le mot impossible ne semble plus faire partie du vocabulaire de Charles Saint-Germain, jeune autiste de haut niveau, et de son père Paul. Le golfeur maskoutain de 14 ans ira représenter la région Richelieu-Yamaska aux Jeux du Québec, présentés du 26 juillet au 3 août à Shawinigan.

La surprise a été totale à la fin de la ronde de qualification à Valleyfield. Charles affichait un score de +6 après seulement cinq trous. « S’il avait continué comme ça, il aurait terminé la journée avec une carte de 92 », raconte son père. « Heureusement, la concentration est revenue et il n’a fait qu’un seul boguey sur le reste du parcours. Il a enregistré des normales sur tous les autres trous. »

Il a finalement terminé avec un pointage de 79, un coup devant son plus proche rival, afin de s’assurer de la dernière place disponible pour représenter la région à Shawinigan. « Charles est devenu fou lorsqu’il a appris qu’il allait aux Jeux du Québec. Dans sa tête, avec le mauvais début de ronde qu’il avait connu, il ne se qualifiait pas. Il était vraiment super content. » Et la fierté de cet accomplissement transparaissait dans les visages lorsque LE COURRIER s’est entretenu avec Charles et Paul.Au total, quatre golfeurs de Richelieu-Yamaska se sont qualifiés pour aller aux Jeux du Québec. « C’est extraordinaire que Charles se soit qualifié. On voit que, même s’il a une différence, s’il se concentre sur quelque chose qu’il aime, il peut y arriver et même être parmi les meilleurs », affirme avec fierté son père. « On savait que c’était réalisable. » L’expérience que vivra le jeune Maskoutain à la fin du mois de juillet ne pourra être que bénéfique pour sa confiance.

Relever les défis

La vie n’est pas toujours rose pour un enfant autiste et sa famille. « Le golf, c’est l’exutoire de Charles. S’il ne pratiquait pas ce sport, il ne serait pas rendu où il est aujourd’hui. Ça l’aide énormément socialement aussi. Il a ses « chums » de golf et ils s’entendent très bien », relate Paul Saint-Germain. « Tu vois les gars là-bas », lance Charles. « Et bien, eux, ce sont mes « chums » de gars », dit-il avant d’aller les rejoindre.

Ce n’est toutefois pas sans sacrifice que Charles peut jouer au golf. Ce n’est pas un mythe : ce sport coûte cher. « Lorsqu’on dépense près de 8 000 $ par année pour le golf, c’est difficile monétairement. Mais ça en vaut tellement la peine. Lorsqu’on voit le bien que ça apporte à Charles, on ne pense même plus à cet aspect. »Malgré les moments difficiles que peut entraîner l’autisme, Paul Saint-Germain en retire de belles leçons. « Il y a des périodes qui ne sont pas faciles pour plein de raisons, qu’on ait un enfant autiste ou non, mais il faut être capable de continuer et de persévérer. Il faut se lever pour arriver à nos buts », conclut-il.Et le but que s’était fixé Charles, il l’a atteint. Il sera en action le 31 juillet et les 1 er et 2 août du côté du Club de golf Mémorial de Shawinigan, dans le cadre de la 47 e finale des Jeux du Québec.

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