19 mai 2016
Êtes-vous écologiste à temps partiel?
Par: Le Courrier
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Le festival du remplissage de dépotoir

Les fêtes de famille ou autres rassemblements tels que les épluchettes de blé d’Inde, les méchouis, les pique-niques ou même les partys de Noël sont souvent synonymes de désastre écologique à petite échelle. Pour éviter de faire la vaisselle, nous utilisons des verres et des assiettes en styromousse ou en plastique sans réfléchir aux conséquences de ces gestes. Tous ces beaux déchets s’en vont directement au dépotoir et par conséquent, dans l’environnement.

Une promenade au printemps est très révélatrice de la quantité de plastique que l’on retrouve dans la nature. Lors de ces réunions festives, nous prenons souvent une seconde ­assiette « encore un peu de ragoût » et une autre pour le dessert, nous égarons notre verre de plastique, on en reprend un autre, etc. Pour faire taire la petite voix qui nous dit « c’est polluant » et pour se déculpabiliser, on se dit de belles phrases toutes faites comme « les autres le font », « c’est juste pour cette fois-ci ». Arrêtons de se dire : « mais qu’est-ce qu’on peut y faire? » et trouvons des solutions.

La trousse du parfait fêtard

Il s’agit de demander à chaque convive d’apporter son couvert : par exemple de la vaisselle en plastique. On la rince et on la rapporte à la maison pour le prochain party, année après année. C’est simple et tout le monde participe à l’effort écologique. C’est un investissement rentable sur le plan monétaire et environnemental.

C’est beaucoup plus payant écologiquement de réutiliser que de recycler. Ce qu’on recycle ne disparaît pas parce qu’on l’envoie dans le bac de récupération, il faut le traiter. Et pour refaire de la matière première, ça prend de l’énergie. Bien sûr, on peut toujours avoir de la vaisselle biodégradable, recyclable ou même de la vaisselle lavable, mais la solution la plus verte si nous ne voulons pas laver une montagne de vaisselle, c’est que chacun apporte son couvert.

Tous ensemble pour notre avenir

Il est temps de s’unir pour obtenir des résultats. C’est en s’unissant qu’on arrive à faire changer les choses, le moratoire obtenu contre l’exploitation des gaz de schiste en est un bon exemple. Même si l’on peut penser que c’est futile comme geste, ça amorce un mouvement qui prendra de l’ampleur au fil du temps.

Oui, il faut faire un petit effort, mais l’habitude vient rapidement. Il n’est pas si facile de faire changer les moeurs des gens, mais ça prend des initiatives et de la persévérance pour évoluer. Il faut pousser la réflexion un peu plus loin : qu’est-ce qu’on veut laisser à ceux qui vont nous survivre? Des déchets? Il faut donner l’exemple aux jeunes et les aider; ils ne peuvent régler le problème seuls. C’est la responsabilité de tous et surtout des plus âgés qui ne seront plus là lorsque les vrais problèmes résultant de notre négligence se feront sentir.

Un legs inestimable

En posant des gestes de la sorte, nous léguons à nos enfants une façon de faire et de penser qui aura certainement des ramifications de plus en plus étendues. Telle l’image d’un arbre, chaque branche étant de nouveaux gestes, de nouvelles façons de faire pour mieux vivre en harmonie avec la Nature. Nous ne le faisons pas pour l’environnement, car il va nous survivre, mais plutôt pour l’humanité. La Terre n’a pas besoin de nous, c’est nous qui avons besoin d’elle pour vivre.

Nous sommes déconnectés de notre milieu naturel grâce auquel nous subsistons depuis le début de l’humanité. Aujourd’hui, en allant acheter notre salade à l’épicerie, nous ­ressentons de moins en moins le lien qui nous unit à la Nature. Nous n’avons jamais été aussi éloignés d’elle. Si nous ne prenons pas conscience qu’il faut protéger le vivant parce que nous faisons partie d’un tout, nous allons incontestablement en payer le prix.

Alors, êtes-vous écologistes à temps partiel?

Il faut penser 3R (Réduire, Réutiliser et ensuite Récupérer-Recycler) dans tous les aspects de notre vie pas seulement occasionnellement, quand c’est facile et pour soulager notre conscience. Consommer peu, consommer mieux! Voilà ce qui devrait être notre devise.

C’est en s’unissant qu’on arrive à faire changer les choses

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