1 décembre 2016
Fabien Dupuis, l’homme accompli
Par: Maxime Prévost Durand
Fabien Dupuis s’arrêtera à Saint-Hyacinthe en décembre et en avril pour présenter les deux premiers volets de sa trilogie tragico-comique, Isabelle et Camil.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Fabien Dupuis s’arrêtera à Saint-Hyacinthe en décembre et en avril pour présenter les deux premiers volets de sa trilogie tragico-comique, Isabelle et Camil. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Depuis qu’il a écrit la pièce Isabelle, le comédien Fabien Dupuis s’est découvert. Il a découvert son humour, sa façon d’écrire, mais aussi l’homme qu’il est. Et à l’écouter, on le sent plus accompli que jamais.

« C’est un tout petit show, pas d’éclairage, pas de musique : juste un homme seul sur scène. Mais c’est quand même la plus grande chose que j’ai faite dans ma vie », lance d’entrée de jeu celui qui s’est surtout fait connaître à travers l’émission Watatatow pour son rôle de Chicoine.

Isabelle, c’est l’histoire de Daniel, un garçon qui subit les répressions de sa mère. Il trouve son bonheur auprès de sa cousine Isabelle, avec qui il joue tout le temps et avec qui il est lui-même. Mais la relation des deux cousins devient au fil du temps de plus en plus intime, jusqu’au jour où la mère de Daniel les surprend dans une partie de « touche pipi ».

À travers ce projet, une œuvre fictive inspirée par son enfance, Fabien Dupuis amène les spectateurs dans la tragédie, la comédie, mais aussi des moments de malaise. « Il y en a souvent. Ce sont mes moments préférés et je les étire. Je me rends compte que je n’ai pas de tabous », avoue-t-il.

Ce qui était à la base un stand-up d’à peine 15 minutes pour les Contes urbains a pris une tournure inattendue pour le comédien. « Tout le monde me disait de continuer d’écrire, qu’il y avait quelque chose de vrai. J’ai continué et je me suis rendu à 1 h 15 de show. »

Aussi cliché que ce l’est, Isabelle a changé la vie de Fabien Dupuis. Surtout présent à la télévision par le passé, il a assouvi un besoin insoupçonné en montant sur les planches de la scène, seul. « J’ai passé 20 ans dans des sous-sols pour la télé et les gens réagissaient trois mois après. Au théâtre, c’est direct : tu donnes et tu reçois. Avant, j’avais toujours le souci de performer, d’être bon, mais ça ne se joue pas « être bon ». Il faut être soi-même. Et là j’arrive sur scène et j’ai juste envie de donner. J’ai compris que c’était ça le jeu : donner et non penser à être bon. C’est un angle qui a changé ma vie. »

L’histoire de Daniel ne s’arrête pas à la fin d’Isabelle. Sentant qu’il pouvait aller encore plus loin dans sa démarche, Fabien Dupuis a poursuivi l’écriture si bien qu’il en est ressorti avec deux autres spectacles, Camil (le nom du père de Daniel, mais aussi celui de Fabien Dupuis) et Daniel, pour boucler la boucle d’une trilogie.

« C’est l’évolution d’un homme qui part de loin et qui, à sa façon un peu tout croche, réussit à s’émanciper. Dans le premier spectacle, il est tellement loin de lui-même. Dans le deuxième, il se rapproche, puis dans le dernier, il est finalement lui-même. »

Le spectacle Isabelle sera présenté à l’Espace Rona du Centre des arts Juliette-Lassonde le 7 décembre, puis Fabien Dupuis y reviendra le 12 avril pour le deuxième volet de la trilogie, Camil.

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