21 janvier 2021
Basketball
Félix-Antoine Guertin se joint aux Stingers de l’Université Concordia
Par: Maxime Prévost Durand

Du haut de ses 6 pieds et 7 pouces, Félix-Antoine Guertin avait de grandes ambitions comme joueur de basketball. Et il réalisera un exploit plutôt rarissime pour un Maskoutain : celui d’atteindre les rangs universitaires.

Publicité
Activer le son

L’athlète de 19 ans a confirmé, la semaine dernière, qu’il se joindra aux Stingers de l’Université Concordia en vue de la prochaine saison.

« Je suis vraiment content parce que, depuis que je suis rentré au cégep, c’était ça mon but, de jouer universitaire », s’est-il exclamé lors d’un entretien téléphonique avec LE COURRIER, quelques jours après l’annonce.

Au cours des deux dernières saisons, Félix-Antoine s’est aligné avec les Lynx du Cégep Édouard-Montpetit, une formation de division 1 collégiale. N’eût été la pandémie, il aurait disputé une troisième campagne avec l’équipe dirigée par Pascal Jobin, une sommité du basketball au Québec.

Évoluant au poste d’ailier, le Maskoutain s’était particulièrement démarqué l’an dernier. En 18 parties, il avait inscrit 288 points et avait récupéré 167 rebonds, dont 145 en défensive. Ces statistiques lui ont même permis de se hisser parmi les meneurs du circuit collégial à ce chapitre.

« J’aurais vraiment aimé jouer l’année qu’il me restait. J’ai tellement travaillé fort depuis que je suis rentré à Édouard[-Montpetit]. Ça aurait été mon année », lance-t-il au bout du fil.

La sélection de Félix-Antoine par les Stingers de Concordia n’a pas été une grande surprise. Depuis plus d’un an, l’entraîneur-chef de l’équipe, Rastko Popovic, démontrait de l’intérêt à son égard. « Il me parlait après les matchs et on gardait contact, donc quand est venu le temps du recrutement cette année, il me connaissait un peu plus. »

Les Stingers n’étaient toutefois pas les seuls à avoir démontré leur intérêt et Félix-Antoine souhaitait attendre la fin de la session automnale, qui marquait aussi la fin de son parcours collégial, pour prendre une décision finale. « Ils commençaient à avoir hâte que je fasse un choix », lance-t-il en riant.

À l’Université Concordia, le natif de Saint-Hyacinthe prévoit étudier en enseignement de l’anglais langue seconde. Il voit d’ailleurs comme une plus-value le fait de pouvoir poursuivre ses études dans une université anglophone.

À défaut d’avoir pu jouer une dernière saison avec les Lynx en raison de la pandémie, Félix-Antoine se montre optimiste quant à son arrivée avec les Stingers. « D’après moi, il va y avoir une saison l’an prochain et je vais être prêt. »

Des V-Kings aux rangs universitaires

Félix-Antoine Guertin se souvient avoir commencé à jouer au basketball vers l’âge de 6 ans, chez lui, avec son grand frère. Quelques années plus tard, il était initié au minibasket à l’école primaire Bois-Joli-Sacré-Coeur. Son amour pour le basketball n’a jamais cessé de grandir depuis… tout comme lui!

Suivant toujours les traces de son frère, il s’est joint lui aussi au club civil de Saint-Hyacinthe, les V-Kings, avec lequel il a évolué pendant près de cinq ans au sein du niveau AAA. Puis, dès son entrée au secondaire, il a intégré l’équipe de basketball des Patriotes de l’École secondaire Saint-Joseph, dont il a défendu les couleurs pendant tout son parcours scolaire en division 3.

« Avec les V-Kings, c’est vraiment là où j’ai pu développer plus sérieusement mes habiletés. C’était de la grosse compétition contre des équipes de Montréal. Ça faisait que j’arrivais plus solide avec Saint-Joseph. Je ne pense pas que je serais rendu où je suis aujourd’hui sans les V-Kings. Le coach, Patrick Kervin, a joué un gros rôle pour moi, avec la passion qu’il avait et le fait qu’il nous faisait jouer contre de grosses équipes. »

C’est d’ailleurs en jouant avec les V-Kings qu’il a réussi à se faire remarquer pour la première fois de l’entraîneur des Lynx du Cégep Édouard-Montpetit, Pascal Jobin, lors d’un tournoi organisé à Longueuil. « On avait gagné la finale par un point », se rappelle Félix-Antoine.

Avec les Patriotes, il était aussi dominant, mais puisque l’équipe évoluait en division 3, ses succès n’avaient pas autant d’impact. Il est même rare de voir un joueur de cette division percer au niveau collégial, encore plus en division 1, si bien qu’il devait se défaire de cette étiquette lorsqu’il s’est joint aux Lynx.

« La première année [à Édouard-Montpetit], ça a été vraiment difficile, avoue Félix-Antoine. Je trouvais ça dur de suivre le rythme contre des gars très athlétiques. Je prenais chaque pratique comme si c’était un match, j’avais les mêmes papillons qu’avant un match. Les autres savaient que je venais du D3 et je devais me prouver. J’ai travaillé fort. Il y a une couple de pratiques où je n’étais pas fier de moi, mais j’ai continué de travailler et, la deuxième saison, ça a bien été. Je remercie beaucoup [Pascal Jobin] parce qu’il n’y a pas un autre coach qui aurait pris une chance avec moi comme ça. »

De 14e joueur à meneur de l’équipe

À son arrivée au Cégep Édouard-Montpetit, on l’avait averti : il agirait à titre de 14e joueur. C’est donc dire qu’il risquait de ne pas voir beaucoup d’action. Mais il a saisi chaque opportunité qui s’est présentée à lui, l’amenant à progresser rapidement au sein de l’équipe.

« Finalement, j’ai beaucoup joué quand même, vu que certains joueurs avaient des problèmes au niveau académique. Je jouais 20-22 minutes par match. Pour une recrue, c’est beaucoup de temps de jeu. Ça m’a permis de me familiariser avec le style de jeu et la vitesse, et de me rendre compte que la force musculaire n’était pas là. »

Entre ses deux saisons avec les Lynx, Félix-Antoine a mis les bouchées doubles pour revenir plus fort et a gagné près de 15 lb en masse musculaire. Déjà imposant par sa grandeur, il devenait encore plus redoutable sur le terrain. « Je ne pensais pas que ça m’aiderait autant, mais ça m’a rendu plus confiant et plus solide. Je ne me faisais plus tasser au rebond », analyse-t-il.

Avec sa nouvelle stature et les résultats qui ont suivi, il a réussi à attirer l’attention d’équipes universitaires. Et on connaît maintenant la suite.

image