19 avril 2012
Folle semaine de grève au Cégep
Par: Le Courrier
Le centre-ville de Saint-Hyacinthe s'est réveillé couvert de rouge, le 13 avril.

Le centre-ville de Saint-Hyacinthe s'est réveillé couvert de rouge, le 13 avril.

Vote serré, grabuge, consultation en ligne, injonction : la cinquième semaine de grève des étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe aura connu sa part de rebondissements pour exacerber les positions des deux camps rivaux.

La semaine s’est terminée par un soupir de soulagement pour les étudiants qui sont en faveur de la grève lorsque la direction du collège a renoncé à son intention de reprendre les cours, hier, mercredi.

Le Cégep avait annoncé vendredi qu’il allait tenir une consultation en ligne au cours de la fin de semaine pour prendre le pouls des étudiants sur un possible retour en classe le 18 avril. Martelant que cette consultation ne remettait pas en question le vote des étudiants pris la veille, la direction du collège a affirmé que le coup de sonde ne lui servirait qu’à alimenter sa réflexion autour de l’importante décision. « Nous ne souhaitons pas intervenir dans le débat, mais notre mission est d’offrir un enseignement de qualité et il sera bientôt impossible d’y arriver dans les circonstances. Il est de plus en plus difficile de réaménager un calendrier scolaire fonctionnel qui ne nuirait pas à la qualité de la formation », a expliqué le directeur général Roger Sylvestre.Il n’en fallait pas plus pour faire bondir le Regroupement des étudiantes et étudiants (RÉÉCSH). Appuyé par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), le RÉÉCSH a déposé une injonction au cours de la fin de semaine pour faire annuler la tenue de la consultation électronique, estimant que cette mesure outrepassait le rôle de l’association étudiante.Lundi, le juge Yves Poirier a entériné une injonction provisoire à la suite d’une entente survenue entre les procureurs des deux parties. Ainsi, il a été convenu que le résultat de la consultation ne serait accessible qu’aux membres du Comité de Régie du Cégep.Bien que le juge n’ait finalement pas eu à se prononcer sur la question, les étudiants ont rapidement crié victoire quant à la reconnaissance de monopole de représentation des associations étudiantes. « En concluant une entente qui lui interdit d’utiliser le résultat du vote électronique pour justifier un retour en classe, le Cégep reconnaît ce monopole à l’association étudiante. Sinon, le cégep n’aurait pas accepté l’entente, a analysé le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. Il était important que la Fédération supporte le RÉÉCSH dans sa démarche pour éviter que le Cégep crée un précédent. »Au terme de la tempête, le collège a confirmé qu’il attendrait encore quelques jours avant de statuer sur une reprise des cours. « Pendant la fin de semaine, la situation a évolué. Nous avons pu constater la tournure des événements dans les collèges qui avaient souhaité reprendre les cours, comme à Valleyfield et à Saint-Jean-sur-Richelieu. Et puis, la ministre de l’Éducation semble désormais ouvrir la porte à une négociation.Nous déplorons toutefois que le gouvernement et les étudiants n’aient pas encore trouvé de terrain d’entente après plusieurs semaines de boycott », a noté M. Sylvestre.Avant de reprendre les cours, le Cégep souhaite s’assurer de remplir certaines conditions, dont la sécurité des personnes et des biens ainsi que le maintien de saines relations dans la communauté collégiale.Plus tôt, la semaine dernière, le dernier vote de reconduction de grève avait donné le ton avec un résultat serré. Seulement 15 voix avaient donné la victoire à ceux qui souhaitaient poursuivra la grève, alors que 21 étudiants avaient annulé leur vote. Ainsi, la grève avait été reconduite avec moins de 50 % du suffrage (49,8 %), lançant du même coup de vifs débats.Puis, vendredi, le centre-ville de Saint-Hyacinthe s’est réveillé couvert de rouge. En plus de la campagne d’affichage menée au cours de la nuit, des graffiteurs ont peint des carrés rouges sur plusieurs édifices, dont sur l’historique Marché-Centre. De la peinture rouge a aussi été déversée dans des rues du centre-ville. Les employés de la Ville de Saint-Hyacinthe ont toutefois tôt fait de nettoyer le grabuge.Le président du RÉÉCSH a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une action orchestrée par son association. « Nous avions prévu une campagne d’affichage, rien de plus. Est-ce que ce sont les étudiants qui ont fait ça? Probablement. On ne peut pas les suivre un à un. Même si ce n’est pas la bonne façon de l’exprimer, on comprend que les étudiants soient en colère. »Le vote de reconduction de la grève se tient aujourd’hui, jeudi, au Cégep de Saint-Hyacinthe. Les résultats seront disponibles au www.lecourrier.qc.ca dès qu’ils nous auront été communiqués.

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