14 mars 2013
François 1er
Par: Martin Bourassa
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Si on savait déjà qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, on sait maintenant qu’une mouette peut annoncer un pape! L’envol de l’oiseau haut perché sur la cheminée de la chapelle Sixtine a été suivi de la fameuse fumée blanche. Puis, par le dévoilement attendu de l’identité du successeur de Benoit XVI : François 1er.

C’est lui et non le cardinal Marc Ouellet qui aura la lourde tâche de diriger l’Église catholique pour les années à venir. Tâche titanesque s’il en est une.Alors que l’on a longuement spéculé sur les chances d’avoir un pape québécois, européen ou africain, les cardinaux ont arrêté leur choix sur le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, digne représentant de l’Amérique du Sud. Un choix pour le moins original puisqu’il ne figurait pas parmi les favoris à l’ouverture du conclave.« Une heureuse surprise », s’est exclamé Mgr François Lapierre à propos du nouveau pape qu’il a rencontré à deux reprises à Rome et qu’il qualifie de bon pasteur.L’archevêque de Buenos Aires, où il a vu le jour en 1936, aura tout un défi devant lui, dans la mesure où il remplace un pape de transition, un pape qui contrairement à Jean-Paul II sera sans aucun doute vite oublié. Un pape de qui on n’espérait rien, ou si peu.C’est tout le contraire avec François 1er. Les attentes sont démesurément grandes, même si les miennes sont relativement modestes. Je ne m’attends à rien.D’autant plus que ce pape a 76 ans. Ça lui laisse peu de temps pour orchestrer une grande révolution au sein de l’Église. Même Mgr Lapierre s’en est étonné en entrevue avec LE COURRIER. C’est le côté étrange de cette nomination, l’idée que l’on vient de remplacer un pape de transition par un autre qui a sensiblement le même profil. Contrairement à plusieurs, je n’avais rien contre le cardinal Ouellet, malgré ses idées conservatrices, voire désincarnées en regard des défis actuels de l’Église et du monde moderne. Sa candidature valait bien celle de n’importe quel autre cardinal. Le grand mérite du cardinal Ouellet, c’est qu’on aurait su dans une certaine mesure à quoi s’attendre avec lui, c’est-à-dire à pas grand-chose de différent. Vu sous cet angle, il n’aurait pu qu’agréablement nous surprendre en se montrant sous un meilleur jour. Parlant de jours meilleurs, l’Église catholique a certes besoin d’un changement de cap, d’un tournant majeur, elle qui n’a plus son lustre d’antan. François 1er aura-t-il la poigne et l’indépendance nécessaires pour orchestrer les réformes attendues au niveau de la place des femmes dans l’Église, du mariage des prêtres et des questions sensibles comme l’euthanasie ou l’avortement?À cet effet, les premiers commentaires de l’évêque de Saint-Hyacinthe face à la sélection de l’archevêque Bergoglio sont empreints d’espérance.En prenant le nom de François, Mgr Lapierre estime que cela annonce une certaine volonté de se démarquer. « Sans parler de rupture, on peut s’attendre à quelque chose de différent », a souligné celui qui porte le même prénom que le nouveau pape.Notre bon François nous invite donc à vivre d’espoir et d’espérance.

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