18 avril 2019
Funérailles tout en musique pour le bassiste Michel Lamothe
Par: Maxime Prévost Durand

Pierre Harel (à droite), fidèle acolyte musical de Michel Lamothe, a interprété deux chansons de Willie Lamothe dans le cadre de la cérémonie. Photos François Larivière | Le Courrier ©

Les enfants de Michel Lamothe, Catherine et Willie, ont salué une dernière fois leur père avec de touchants témoignages. Photos François Larivière | Le Courrier ©

Dans un autre moment musical, André Bisson, accompagné à la guitare par Bob Champoux, a chanté la chanson d’amour favorite de Michel Lamothe et de sa femme Lynda Poirier. Photos François Larivière | Le Courrier ©

L’abbé Jean Pelletier a reconnu le défunt bassiste comme « un pilier du rock québécois ». Photos François Larivière | Le Courrier ©

Les proches de Michel Lamothe : sa femme Lynda Poirier, son fils Willie et sa fille Catherine. Photos François Larivière | Le Courrier ©

Ayant marqué le rock québécois avec les groupes Offenbach et Corbeau, le célèbre bassiste maskoutain Michel Willie Lamothe, décédé le 25 mars à l’âge de 71 ans, a été salué de la même façon qu’il a vécu : en musique.

Famille, amis et musiciens, de même que quelques curieux, s’étaient rassemblés, samedi après-midi, à l’église du Précieux-Sang, pour ses funérailles.

Tout au long de la cérémonie, des symboles de ses passions ont entouré l’urne contenant ses cendres. On y retrouvait notamment une note de musique, une photo grand format de lui en train de chanter et le logo du Canadien de Montréal.

« Michel a été un pilier du rock québécois et son nom sera inscrit sur la liste des légendes, tout comme son père Willie », a souligné l’abbé Jean Pelletier, qui a célébré les funérailles.

C’est au fidèle acolyte musical de Michel Lamothe, Pierre Harel, avec qui il a joué au sein d’Offenbach, Corbeau et Corbach, qu’est revenu l’honneur de lancer les hommages. Pour l’occasion, il a interprété la chanson « Mille après mille », qui avait été popularisée par le père de Michel, Willie Lamothe. Il était accompagné des musiciens George Papafilys à la guitare et Yves Maltais à la basse.

« Willie [surnom qu’il donnait à Michel Lamothe] n’était pas un gars triste, il avait toujours du fun », a rappelé Pierre Harel, un peu plus tard dans la cérémonie, avant de reprendre le micro pour chanter la festive « Allô, allô, petit Michel », une pièce que Willie Lamothe avait composée en l’honneur de son fils.

Des témoignages touchants

Les deux enfants de Michel Lamothe, Catherine et Willie, ont pris la parole durant cette cérémonie, livrant chacun de touchants témoignages.

« Tu m’as légué un héritage génétique extraordinaire. On dit de moi que je te ressemble et que j’ai le sourire de grand’pa », a commencé par dire Catherine, citant leurs traits de caractère communs. « Tu avais la musique dans le sang et maintenant elle coule dans mes veines. [Pause et petit rire] Je ris parce que, sur ma feuille, ça me disait de chanter, mais je ne suis pas capable, j’ai le cœur qui débat », a-t-elle ajouté, prise par l’émotion.

Visiblement ému, Willie a poursuivi avec un discours ralenti par les larmes. « Perdre son père, c’est perdre une partie de soi-même. Tu as toujours été là, dans le meilleur comme dans le pire. Perdre son père, c’est perdre le meilleur professeur… tu m’as appris tellement de choses. C’est aussi perdre son meilleur ami. Ensemble, on faisait ce qu’on voulait. Je sais que tu n’étais pas parfait, mais je n’aurais pas pu demander un meilleur père. Tu m’as permis d’être qui je suis aujourd’hui. Je ne suis pas près de t’oublier. Repose en paix. »

Une personne unique

La femme de Michel Lamothe, Lynda Poirier, a quant à elle rendu hommage à son mari par l’entremise d’une lettre qu’elle a rédigée, puis que l’abbé Pelletier a lue en son nom.

« Michel était une personne unique comme on en voit peu. Soit il aimait quelqu’un, soit il ne l’aimait pas, mais quand il l’aimait, il lui ouvrait grand la porte. Il était un raconteur né et un musicien talentueux, qui se donnait corps et âme », a-t-elle écrit pour débuter.

Le couple s’était d’abord connu en 1997 et s’était « lié d’une amitié profonde et sincère, avant de se perdre de vue », a-t-elle retracé. Ce n’est que quelques années plus tard, après s’être « croisés au dépanneur », que leur amour est né, menant peu de temps après à leur mariage.

Hospitalisé en 2014 pour une pneumonie, Michel Lamothe a éprouvé plusieurs problèmes de santé ces dernières années, souffrant notamment d’emphysème. « Ça a été une descente parsemée de beaux moments, a souligné sa femme. J’ai voulu prendre soin de lui jusqu’à la fin. Il s’est éteint près de moi, comme il le voulait. Bon voyage mon bel amour. »

Pour clore la cérémonie, la chanson « Amazed » du groupe Lonestar, qui était la chanson préférée du couple, a été jouée par André Bisson et Bob Champoux, des amis des membres fondateurs d’Offenbach.

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