20 août 2020
Carte blanche
Goudron et plumes
Par: Christian Vanasse
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Il y a quelques jours, en arrivant à leur travail, les éducatrices du CPE les Amis Gator de La Présentation ont trouvé leur cour jonchée de bouteilles de bière et, malgré leurs efforts pour tout nettoyer, un enfant s’est blessé sur un morceau de verre. C’est toujours plate du vandalisme et il y a zéro fun à marcher sur un tesson dans le gazon, mais on s’entend… c’est pas Beyrouth.

Pourtant sur les z’internets, ça a l’effet d’une bombe. Et ça s’enflamme. Certains réclameront plus de caméras pis plusss de polisss! Au moment où on reproche aux autorités d’empiéter sur nos libertés, exiger plus de surveillance pour quelques Coronas (sic) me semble un brin démesuré. Mais le tribunal populaire des inquisiteurs numériques veut des coupables. Faut les retrouver, dira l’un. Les punir, criera l’autre. LES HUMILIER PUBLIQUEMENT, vociféra un troisième. Encore un peu et on proposera des coups de fouet.

Évidemment, des détectives du web ont vite identifié les suspects : ça doit être des jeunes. Convaincus qu’aucun adulte sensé ne ferait une chose pareille… tous ces Sherlock Holmes n’ont pas visité la Gaspésie dernièrement. Qu’importe. Ce serait une gang d’adjointes administratives cinquantenaires sur le party que ça ne changerait rien. Le geste est con. Con, mais réparable. Le CPE l’a compris, voyant dans ce « comportement inadéquat » une détresse ou un manque d’intérêt, mais surtout une occasion de grandir. En offrant de faire un geste de réparation, une action pour effacer l’erreur commise, les Amis Gator soulignent que l’erreur est humaine. L’admettre et tenter de réparer, c’est devenir un modèle positif. Et c’est bien mieux que surveiller, punir et crier vengeance.

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