27 septembre 2018
Halte à l’immigration de masse
Par: Le Courrier

L’élection provinciale en cours a ceci de paradoxal d’être à la fois historique et ridiculement insignifiante. Elle pourrait signer la fin d’un cycle historique et une recomposition politique pour le moins désespérante pour les indépendantistes. Deuxième carte d’assurance-maladie pour les plus jeunes, application Tinder de covoiturage, maisons des aînés, abolition de postes dans la fonction publique… Les promesses pleuvent et ne passionnent personne en dehors des cercles militants. 

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Les plus « conscientisés » nous brandissent l’environnement comme devant être la priorité numéro 1 de cette élection, comme si le Québec allait freiner le réchauffement climatique à lui seul. Rappelons que les Québécois forment 8,2 millions d’habitants sur une planète de 7 milliards d’habitants. Faisons le calcul : nous formons 0,12 % de la population mondiale. Et nous allons mettre fin à la catastrophe écologique en cours en nous achetant tous des autos électriques?

Qu’on me comprenne bien : je ne dis pas que l’environnement n’est pas un enjeu de taille, au contraire, mais je crois que faire de ce sujet la priorité absolue de la campagne électorale est absurde, sinon irresponsable face aux autres problèmes auxquels notre nation fait face, dont l’immigration de masse.

Vous en avez peu entendu parler de ce dernier sujet, non? Pourtant, que nous disent les statistiques du recensement 2016 sur les évolutions démographiques de la belle province? Eh bien, c’est pas jojo, comme disent nos cousins français.

Ce qu’on constate tout d’abord, c’est que de 2001 à 2016, donc en seulement quinze ans, la proportion de Québécois qui parlent français à la maison dans l’ensemble du territoire a diminué de 3,2 % pour s’établir à 79,9 % de francophones. Pour la nation française d’Amérique par excellence, le fait que notre Québec est maintenant abrité par un habitant sur cinq qui ne parle pas français à la maison donne un sérieux avertissement sur l’avenir de notre langue commune.

Dans la région de Montréal, la situation est particulièrement préoccupante. Au cours de la même période, l’île de Montréal a vu sa proportion de francophones diminuer de 3,7 % pour s’établir à 52,7 % (!). Il est donc bien normal de se sentir comme un étranger dans notre métropole qui ne contient plus qu’un habitant sur deux qui parle français à la maison!

À Laval, l’évolution de la situation fait sursauter : en seulement quinze ans, la ville a vu sa proportion de francophones diminuer de 12,9 % pour s’établir à 64,6 %. À ce rythme, la ville de Laval n’aura plus un seul francophone sur son territoire avant la fin du siècle.

Un excellent article paru dans L’Aut’Journal intitulé « La “West-Islandisation” de Laval » nous montre bien un autre aspect déplorable du déclin du français à Laval. Dans cet article, le chroniqueur Frédéric Lacroix nous explique que la hausse d’immigrants au Québec permet de garantir une multiplication de châteaux forts à Laval au Parti libéral du Québec, qui reçoit le plein des votes de l’immigration et des anglophones. D’où leur propension à investir le moins possible dans la francisation des nouveaux arrivants et à leur pleine intégration culturelle et économique. Et d’où leur volonté d’accueillir toujours plus de nouveaux arrivants sous le fameux prétexte de « l’ouverture à l’Autre » et de contrer la « pénurie de main-d’œuvre » et le vieillissement de la population.

Pourtant, dans un excellent ouvrage intitulé Le Remède imaginaire, le philosophe Benoît Dubreuil et le démographe Guillaume Marois nous montrent que l’immigration n’aide pratiquement en rien à faire face à ces deux problèmes. En effet, lorsqu’un immigrant vient ici et « comble » un emploi, il en crée un autre par sa consommation (eh non, ce ne sont pas des robots sans incidence sur l’activité économique). D’autant plus que nous avons de bonnes raisons de croire que la « pénurie » de main-d’œuvre n’est au fond qu’une idée mensongère pour faire en sorte que les patrons puissent garder les salaires bas – plus de main-d’œuvre amenant plus de concurrence entre travailleurs, l’employeur n’a pas besoin de maintenir un salaire élevé pour garder ses employés.

Nous n’avons donc pas besoin d’immigrants et non seulement nous n’en avons pas besoin, mais ils accélèrent notre minorisation au sein du Canada et notre cloisonnement politique – le PLQ est déjà assuré d’avoir au moins le tiers des sièges à chaque élection. Qu’on me comprenne bien : il ne s’agit pas de bâtir un mur à la frontière canado-américaine (de toute façon, c’est Ottawa qui légifère en la matière) et encore moins de mettre fin à toute immigration économique. Les nouveaux arrivants sont les bienvenus chez nous et nous permettent de nous enrichir culturellement. Mais ils sont trop nombreux et nous devons mettre des critères beaucoup plus stricts pour nous assurer de leur pleine intégration au sein de notre société si nous voulons éviter la fracture nationale.

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