1 mars 2012
Carte postale de Marie-Claude Beaudoin
Il était une fois Lausanne
Par: Le Courrier

Quelque part, tout au nord du Lac Léman, virgule entre la Suisse et la France, le temps s’est arrêté. Lausanne vit lentement. Porte d’entrée du canton de Vaud, un coin de pays pris en étau entre le lac et les Alpes, Lausanne met la modernité au service de ses charmes d’antan.

Il y a déjà 16 ans que la Maskoutaine Marie-Claude Beaudoin a élu domicile à Préverenges, tout près de Lausanne, avec pour voisin d’en face, de l’autre côté du lac, nul autre que le Mont Blanc.

Après avoir complété ses études secondaires au Collège Saint-Maurice, la jeune femme de Douville a obtenu son diplôme d’études collégiales en techniques d’hygiène dentaire au Cégep de Saint-Hyacinthe. « Au terme de nos études, on pouvait effectuer un stage en Europe. J’ai choisi la Suisse, parce que c’était au centre de tout. »Après un coup de coeur pour la Suisse, puis pour un beau Suédois devenu l’homme de sa vie, Marie-Claude s’est installée au pays de ses rêves. Avec sa petite famille, elle vit aujourd’hui à 30 minutes des montagnes et à 10 minutes de la plage. Elle accueille aussi chaque année des amis Québécois, souvent Maskoutains, à qui elle fait découvrir parmi les plus beaux panoramas du monde, rien de moins.

Remonter le temps

Vivre à Lausanne, c’est vivre autrefois, avec les avantages d’aujourd’hui.

D’abord, parce qu’on s’y déplace à pied, un mode de transport bien plus commode que la voiture, soutient Marie-Claude. « On a les plus beaux mollets du monde, parce qu’ici on monte toujours des pentes! »Outre les bonnes paires de souliers, les vélos électriques sont notamment très populaires et permettent de se déplacer efficacement sans laisser toute son énergie dans les côtes. Les autobus sont eux aussi électriques, rendant la ville moins bruyante, moins polluée et, du coup, plus accueillante.Ici, pas de gratte-ciel, que de vieux édifices patrimoniaux à l’architecture gothique, dont le plus grandiose exemple est la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Du haut de sa plus haute tour, un guet annonce encore les heures, à la criée, tous les jours de 22 h à 2 h du matin. « C’est le guet, il a sonné douze », imite la Maskoutaine au bout du fil. « Le soir, il chante à toutes les heures, une tradition qui dure depuis plus de 600 ans. »Faites aussi le détour par un cinéma, pour voir le dernier film à l’affiche, propose Marie-Claude. « Vous serez probablement surpris quand le projectionniste interrompra le film pour un entracte, comme à l’époque des vieilles bobines! »Du côté du port, la même impression de vivre à la Belle Époque, quand apparaissent au large du lac Léman les bateaux à vapeur de la Compagnie générale de Navigation.Malgré les anachronismes, les Québécois trouveront leurs points de repère à Lausanne. « Les Lausannois nous adorent. Il ne se passe pas un jour sans qu’on remarque mon accent et qu’on me parle du Québec de façon très élogieuse. C’est peut-être pour cette raison que beaucoup de Québécois s’installent ici. On s’y sent accueilli. Juste à l’hôpital universitaire, 350 employés sont Québécois », signale Marie-Claude.

Visite du Léman

De Lausanne, on peut d’ailleurs commencer l’une des agréables visites que propose Marie-Claude dans les cantons de Vaud et du Valais.

Embarquez-vous sur un bateau en direction du Château de Chillon, forteresse moyenâgeuse serrée dans le plus bel écrin imaginable entre le lac Léman et les montagnes. Puis, vous pourrez découvrir à pied le bord de l’eau avant de reprendre le train vers Lausanne au terme de la journée.En trajet, vous aurez une vue imprenable sur les terrasses du Lavaux. Cette région viticole, qui s‘étend à l’est de Lausanne, est établie sur des plateaux qui montent vers les Alpes. Elle a été classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 2007. Il vous faudra y réserver une journée pour découvrir les paysages de cartes postales « certainement les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir », assure Marie-Claude.« Riex et d’Epesses sont de bons endroits pour visiter des caveaux et déguster des vins blancs, accompagnés de viandes séchées. Il faut vous imaginer, marchant dans un vignoble, entre l’eau et les montagnes à perte de vue. »Plus au sud, la Vallée du Rhône est aussi un lieu prisé des photographes. « C’est un peu comme la Vallée d’Okanagan, avec des températures plus chaudes et beaucoup de soleil. Il est possible de pédaler le long du fleuve pendant des heures, sans cesser d’être émerveillé par la beauté de ce qui nous entoure. » Après avoir goûté au bon vin, direction Gruyère pour découvrir le fromage du même nom, qui bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée depuis 2001. « C’est donc le seul endroit au monde qui peut produire du gruyère, pour protéger le savoir-faire des fromagers », souligne Marie-Claude, en notant que le fromage gruyère n’a pas de trous, contrairement à la croyance populaire. « À ne pas confondre avec l’emmental! »Sans surprise, c’est dans cette région qu’on déguste la meilleure fondue au fromage. Puis, une fois prêt pour le dessert, Marie-Claude nous dirige vers la ville de Broc, tout près, où se cache la fabrique de chocolat Neslté. « En tant qu’hygiéniste dentaire, vivre en Suisse est assez particulier. On passe notre temps à dire aux gens de ne pas trop manger de chocolat alors que les Suisses en mangent des kilos chaque année! »La chocolaterie de Broc, véritable musée, permet de déguster du chocolat à volonté (!) et même, sur réservation, de cuisiner le chocolat avec des chefs expérimentés.Pour une expérience unique dans les Alpes, Marie-Claude nous transporte finalement à Zermatt, à 2 h 30 de route au sud-est du lac Léman, au pied du Cervin, cette montagne rocheuse à la forme caractéristique qui est aussi le logo du chocolat Toblerone.À Zermatt, les automobiles sont interdites. Il faut donc accéder au village, à flan de montagne, par un service de train. La visite est particulièrement conseillée aux skieurs, qui y trouveront un domaine de 350 km de pistes culminant à 3 900 mètres d’altitude. La commune est par ailleurs riche en mazots, ces petits chalets typiques sur pilotis qui servaient à l’origine à entreposer le blé tout en le protégeant des rongeurs. « S’il y a une visite pittoresque à faire, c’est celle-là », assure-t-elle.Décidément, la Maskoutaine ne tarit pas d’éloges envers la contrée qu’elle a adoptée avec son mari et où ils vivent heureux, avec leurs enfants.

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