21 août 2014
Maltraitance animale
Inacceptable, dit le maire de Saint-Jude
Par: Jennifer Blanchette
L’éleveur de visons et de renards de Saint-Jude, soupçonné de maltraitance envers les animaux, a bloqué l’accès à sa propriété depuis la semaine dernière.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’éleveur de visons et de renards de Saint-Jude, soupçonné de maltraitance envers les animaux, a bloqué l’accès à sa propriété depuis la semaine dernière. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La municipalité de Saint-Jude a les mains liées devant les cas présumés de cruauté animale auxquels se serait livré un éleveur de visons et de renards du village.

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« Si c’est le cas, c’est un geste inacceptable, martèle le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille. Mais, il n’y a eu aucune plainte, c’est ça le problème. C’est difficile pour la municipalité d’intervenir quand personne ne formule de plainte. »

Depuis de nombreuses années, le propriétaire de Visons J.N.J., Jean-Luc Rodier, s’adonne à l’élevage d’animaux pour la fourrure, une pratique pour laquelle aucun permis n’est nécessaire.

La semaine dernière, le Journal de Montréal a rapporté que la centaine de renards et les 10 000 visons du producteur vivaient dans des conditions atroces, souffrant pour la plupart de déshydratation et de blessures diverses.

« La municipalité ne peut pas empêcher l’élevage. Nous n’avons aucun recours. C’est un vétérinaire qui doit examiner les animaux. Notre rôle s’arrête au permis de construction et celui-ci a été accordé à l’éleveur il y a plusieurs années », affirme le maire de Bellefeuille.

Il soutient toutefois que si des plaintes avaient été déposées à la municipalité, il aurait été le premier à téléphoner à la SPCA. « Les lois ne sont pas assez fortes au Québec. C’est impensable qu’il y ait de la maltraitance envers les animaux. »

Le maire de Saint-Jude croit que personne n’a rapporté la situation aux autorités municipales en raison de l’éloignement de l’élevage. Il s’agit d’un lieu isolé avec seulement deux voisins, indique M. de Bellefeuille.

Au mois de juillet, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a dressé une liste de recommandations à l’éleveur, qui s’y serait conformé.

Pour la SPCA, ces améliorations ne sont pas suffisantes. La directrice de l’organisme a déploré au Journal de Montréal qu’entre sa première visite en mai et celle du mois d’août, la situation n’avait fait qu’empirer, preuves photographiques à l’appui.

Alanna Devine souhaite plutôt que les milliers de bêtes soient saisies.

L’éleveur, qui ne fait face à aucune accusation devant la justice, a refusé toutes les demandes d’entrevue.

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