24 septembre 2020
Forum
J’ai reçu un appel de Laval…
Par: Le Courrier

Jeudi 17 septembre, 18 h 30. Je reçois un appel d’une firme de sondage de Laval. « Un projet d’envergure de la compagnie X (poulet), créera plus de 300 emplois dans le milieu maskoutain. Croyez-vous que ce projet soit important? Si oui, faites le 1… », on devine la suite. Pourquoi poser à un citoyen une telle question piégée? Puis-je répondre que ce n’est pas important? Je ne peux pas…

Publicité
Activer le son

Je ferme la ligne rapidement, sentant l’arnaque. Une colère monte en moi, je dois écrire à un journal. Je me dis : « Pourtant, il existe au Québec une loi qui protège les terres agricoles. » De plus, elle visait l’autonomie alimentaire du Québec et, indirectement, on me demande si l’on devrait morceler pour de la business… En production alimentaire, j’en conviens, mais cela me questionne.

Depuis l’application de cette loi, bien des choses ont évolué. Particulièrement en production de masse. Le tonnage des grains dont les prix sont fixés par Chicago ou encore l’épandage obligatoire en production porcine dédiée en grande partie à l’exportation et qui émet des tonnes de gaz à effet de serre avec le voyagement que commande l’industrie. Parallèlement à tout cela, nous avons de la difficulté à trouver des légumes biologiques pour notre propre alimentation près de chez nous, dans cedit « grenier » que serait notre région.

J’ai de la difficulté avec ces communications dirigées qui tentent de faire passer des projets de business au détriment de l’environnement et des besoins réels des gens. Je comprends que, dans ce cas, il s’agit de production alimentaire dans une région dédiée, soit! Mais il me semble que nous devrions saisir l’occasion pour :

• Permettre aux jeunes de s’établir sur les terres en les subdivisant pour produire à partir de projets novateurs, biologiques, de niche et créateurs d’emplois nouveau genre;

• Élaborer ces projets de terres plus vivantes permettant une santé générale des gens « augmentée » par la même occasion et qui contribuera à réduire les frais des services de santé à long terme;

• Supporter financièrement ces jeunes producteurs et productrices pour qu’ils-elles puissent s’établir pour le faire;

• Trouver une façon de contrer la spéculation sur nos terres.

À l’ère de la COVID, de la sécurité et de l’autonomie alimentaire du Québec, les priorités devraient être la protection et la santé des terres et des gens :

• La protection des terres encore viables et cultivables;

• Un changement de paradigme important en agriculture en supportant les agriculteurs et agricultrices pour y arriver sans pertes financières;

• Un avenir pour nos jeunes et nos terres les plus vivantes possible tout en nourrissant la population locale en priorité par des projets novateurs de circuits de transport courts.

Je suis d’un Québec vert, en santé, libre de ses choix. Voilà ma réponse à votre sondage.

Richard Gingras, Saint-Simon

image