30 août 2012
Saint-Hyacinthe invitée à revoir sa politique
Jean Lemonde fera pression sur les élus
Par: Le Courrier

Zone Loisir Montérégie, cet organisme sans but lucratif responsable de la promotion du loisir des personnes handicapées, interviendra auprès de la Ville de Saint-Hyacinthe afin que le plan d’intégration des enfants handicapés dans les camps de jour soit revu avant l’été prochain.

Son président Jean Lemonde, qui est aussi président du Centre de santé et de services sociaux Richelieu-Yamaska, entend profiter de la révision de la politique municipale en la matière pour intervenir personnellement auprès des élus.

Son initiative découle de la lutte de Maude Fillion, qui a tenté en vain au cours de la dernière année d’obtenir le financement nécessaire de la Ville de Saint-Hyacinthe pour que son fils puisse fréquenter le camp de jour de son quartier, à Sainte-Rosalie. Ce sont finalement les responsables des loisirs du quartier qui ont eux-mêmes réuni les fonds nécessaires afin d’assurer la participation du petit William au camp d’été. Car sur le territoire maskoutain, les enfants handicapés sont systématiquement dirigés vers le Mouvement Action Loisir inc. (MALI) lorsque vient le temps d’intégrer un camp de jour. Ainsi, tous les enfants présentant des handicaps physiques ou mentaux sont regroupés aux Loisirs Douville durant l’été, une situation que dénoncent Mme Fillion et M. Lemonde. Et ils ne sont pas seuls. Dans une décision rendue en octobre 2011 contre la municipalité de Stoneham, le Tribunal des droits de la personne a ordonné que la municipalité cesse d’exclure du camp de jour régulier les enfants qui présentent des besoins particuliers en les orientant de façon automatique vers un camp spécialisé. Or, Saint-Hyacinthe opère pratiquement comme le faisait Stoneham jusqu’à tout récemment. « Les deux villes avaient adopté des stratégies comparables, affirme M. Lemonde. Pourtant, l’intégration au camp de jour des enfants ayant des besoins particuliers ne représente pas une contrainte excessive pour la municipalité. Et qu’on ne me serve pas l’argument du manque de fonds! Qu’on investisse pour avoir des accompagnateurs à un seul endroit ou répartis dans les quartiers, ils gagneront le même salaire. » Pourtant, la question du financement ne peut être éludée. En 2012-2013, la Ville de Saint-Hyacinthe a présenté une demande de 49 140 $ à Zone Loisirs Montérégie pour défrayer l’accompagnement des enfants handicapés au camp d’été. Elle a reçu un chèque de 7 155 $, soit sa juste part du mince 218 105 $ réservé à l’ensemble de la Montérégie par le gouvernement provincial. « De l’argent, il n’y en a pas assez, c’est vrai. Mais la situation est la même partout et on voit quand même des villes comme Sainte-Julie réussir l’intégration des enfants handicapés dans les camps de jour réguliers. Et c’est d’autant plus aberrant que les acteurs qui ont opéré ce virage là-bas sont justement des Maskoutains! » Jean Lemonde est déterminé à faire tourner la barque à Saint-Hyacinthe aussi. « Ça prend de la volonté politique, tranche M. Lemonde. Il faut vouloir que ça change. Et si je dois appeler les élus un par un pour les convaincre, je vais le faire! » Car chose certaine, que ce soit Maude Fillion, Jean Lemonde ou les employés des Loisirs Sainte-Rosalie, personne ne souhaite se voir refuser une nouvelle fois la demande de financement qui pourra assurer le retour de William au camp de jour de son quartier l’été prochain. -30-

image